Sénégal:EXCLUSIF / Aliou Mara, Administrateur Délégué des Zones Économiques Spéciales à l’Apix : « L’une des vocations recherchées au niveau des ZES, c’est de rééquilibrer notre balance commerciale »

  • 02 septembre 2020 / Analyses / 151 / ABI 1


Sénégal:EXCLUSIF / Aliou Mara, Administrateur Délégué des Zones Économiques Spéciales à l’Apix : « L’une des vocations recherchées au niveau des ZES, c’est de rééquilibrer notre balance commerciale »

Aliou Mara brise l’omerta. Dans un entretien exclusif accordé à l’hebdomadaire TERAL 24, l’Administrateur Délégué des Zones Économiques Spéciales (ZES) du Sénégal dit tout. Selon le polytechnicien natif des Sicap-Liberté, dans quelques années,  le Sénégal aura un autre visage industriel. Pour y arriver, il estime que les ZES doivent avant tout, servir de locomotives, pour relancer notre économie mais aussi pour que l’industrie locale puisse être à son apogée. Dans cette interview à bâtons rompus, Aliou Mara a en outre déclaré que l’une des vocations recherchées des ZES, c’est de rééquilibrer notre balance commerciale. Il a en outre révélé que très prochainement, le Sénégal sera un pays de fabrication de cartes bancaires. Dans le cadre de la mission qu’il lui a été dévolue, Aliou Mara ambitionne de tout faire pour que notre pays puisse intégrer le top 10 des ZES d’Afrique. ENTRETIEN… (Propos recueillis par Siaka NDONG)

 Pouvez-vous vous présenter ? 

Je m’appelle Aliou Mara. Je suis l’Administrateur Délégué des Zones Économiques Spéciales à l’Apix. Je suis aussi ingénieur polytechnicien. Je suis deux fois ingénieur. Je suis sortie de l’Ecole Polytechnique de Thiés. Je suis de la dixième promotion, en électro-mécanique. Je  suis ingénieur également en informatique, diplômé de l’Ecole supérieure polytechnique de Dakar.

Qu’est-ce qu’une Zone Économique Spéciale ?

Une Zone Économique Spéciale, pour une définition assez générale, on dirait que c’est un espace d’accueil d’activités économiques, ayant pour vocation d’offrir des infrastructures et des services de standards internationaux, avec un package incitatif très attractif, réglementé par une loi et des procédures allégées pour dérouler toutes ces activités. Aujourd’hui, ce qui est recherché dans les Zones Économiques Spéciales, c’est surtout d’attirer les investissements directs étrangers. C’est à dire de grands multinationaux qui peuvent tirer l’industrie locale. Et ces zones économiques spéciales doivent être des zones à haute compétitivité. Disons aussi, des zones qui vont participer aux rééquilibrage de la balance commerciale de notre pays. Mais surtout aussi qui seront de zones à haute intensité de main-d’œuvre. Et c’est ça qu’on recherche dans les Zones Économiques Spéciales.

Quelles est la mission dévolue à l’Administrateur Délégué des ZES ?

Comme son nom l’indique, l’Administrateur doit administrer les ZES. C’est à dire, il s’occupe de la gestion des ZES, de faire la promotion des Zones Économiques Spéciales, en attirant ces investisseurs aussi bien étrangers que privés locaux. Il est aussi chargé de fournir des services aux entreprises qui sont dans la zone. L’Administrateur est l’interface entre l’administration et l’entreprise. Nous devons fournir des services de standards internationaux à ces entreprises, à travers un guichet unique, je dirais plutôt, à travers un centre de service qui va permettre de faciliter les procédures aux entreprises qui sont installées dans la zone. Une zone doit être un écosystème où les entreprises qui sont à l’intérieur n’auront pas besoin de sortir pour avoir des services vis à vis de l’administration sénégalaise. A travers le Guichet unique, tous les besoins des entreprises doivent pouvoir être délivrés au niveau du Guichet unique. L’une des vocations recherchées au niveau des ZES, c’est de rééquilibrer notre balance commerciale. C’est des zones qui vont surtout exporter une bonne partie de leur production, au moins 50% de leur chiffre d’affaires doit être destiné à l’exportation. C’est des zones qui ont besoin d’avoir tout  le temps des procédures avec la douane. Peut être qu’il y aura des matières premières qu’on va importer dans le cadre de la fabrication de ces biens. Mais surtout, il y aura beaucoup d’exportation. Il faut des facilitations avec la douane. La douane est représentée dans le Guichet unique de la Zone Économique Spéciale pilotée par l’administration. Et cette douane-là, va s’occuper de tout ce qui concerne la facilitation douanière. Les entreprises n’auront pas besoin de se déplacer vers la Direction Générale des Douanes pour s’occuper de quelques admissions temporaires entre autres. C’est une façon de faire consentir aux entreprises, de les faire travailler sur le cœur de leur métier. Toutes les activités annexes telles que les dédouanements seront gérées  pour le Guichet unique. Aujourd’hui, par exemple, pour la facilitation, la déclaration des impôts, ils y a un inspecteur des impôts et domaines et un contrôleur des impôts et domaines qui sont présents dans le Guichet unique des ZES. Toutes ces déclarations de taxes se feront sur place avec cette présence des impôts et domaines au niveau du Guichet unique. Ce qui permettra aux entreprises d’être épargné de démarches administratives avec la Direction Générale des Impôts et Domaines (DGID). Aussi, je dirais que l’inspecteur du travail est aujourd’hui présent dans les ZES, à travers une Inspection spéciale du travail. De faites tous les contrats de travail, en CDD, CDI, des contrats de formation, sont gérés directement à travers le Guichet unique. Et même des conseils dans la façon de formuler ces contrats. Ces entreprises sont accompagnés dans toutes les procédures administratives. Et aujourd’hui, nous cherchons autant que ce peut, à dématérialiser toutes ces procédures, pour aller encore beaucoup plus vite. Parceque, la gestion des ZES demande aussi la célérité. Parce que, c’est des entreprises qui compatissent sur les marchés internationaux. Donc, ont besoin pour le déroulement des procédures d’aller très vite.

Monsieur l’Administrateur Délégué, combien de ZES compte notre pays ?

Aujourd’hui, au Sénégal, il y a trois Zones Économiques Spéciales. Ce qu’il faut aussi savoir, c’est que les ZES sont créés par décret présidentiel. Le premier ZES qui a été créé au Sénégal, c’est la ZES de Diass qui a démarré ses activités depuis 2017. Il y a une deuxième ZES. C’est celle de Diamniadio. Elle est assise sur une assiette foncière de 53 hectares. Celle de Diass, c’est 718 hectares. La troisième, c’est celle de Sandiara. Elle est sur une assiette foncière de 100 hectares.  Mais, ce qu’il faut savoir, en matière de ZES, le Sénégal a introduit une nouveauté. Si vous regardez dans le monde, les ZES sont administrées par un Administrateur avec toute son équipe. Mais aujourd’hui au Sénégal, on a créé une nouveauté. C’est à dire, la gestion des ZES a été dispatchée entre deux acteurs principaux. A savoir, l’Administrateur et le Promoteur-Développeur.  Alors, le Promoteur-Développeur, c’est un concept que le Sénégal a introduit. Sa mission, c’est de construire la zone, au faite de développer, d’aménager, d’exploiter et de gérer la zone. C’est à dire, créer toutes les infrastructures, la voirie, l’assainissement, l’électrification de la zone. Tout ce qui est infrastructure qui permettra à la zone d’être opérationnelle. Ça c’est le Promoteur/Développeur qui s’en occupe. Et le Promoteur-Développeur, c’est un acteur privé. Donc, c’est un opérateur privé qui vient pour faire du business. C’est à lui, d’exploiter, d’aménager, de développer sa zone, de faire la promotion de sa zone pour attirer des entreprises et ces entreprises vont maintenant en contrepartie, lui payer une redevance locative. C’est ça qui lui permettra aussi d’avoir un retour sur investissement. Donc, le Promoteur-Développeur s’occupe des aspects gestion, exploitation, aménagement et développement. Maintenant, l’Administrateur, lui, il fournit les services, c’est à dire, pratique tous les services que devrait fournir l’administration sénégalaise et  délivré par l’Administrateur. Il est lié avec l’administration sénégalaise via des protocoles et des accords cadres qui lui permet d’avoir des points focaux et des représentants directs de ces services au niveau des Guichets unique. De ce faite, on crée un écosystème de sorte que les entreprises n’auront pas besoin de sortir pour s’occuper de toutes ces formalités. Tout est délivré sur place. Et maintenant, les entreprises vont se concentrer à leur cœur de métier. Et c’est ça qui permet de dire que nous sommes dans une Zone Économique Spéciale.

Quelles sont les opportunités d’investissement dans les ZES ? 

Les opportunités d’investissement dans les ZES pour les expliquer, il faut savoir que chaque Zone Économique Spéciale, dans leur décret de création fixe une vocation à la zone économique spéciale. Je donne l’exemple de la ZES de Diamniadio. Sa vocation, c’est d’accueillir des Petites et Moyennes Entreprises manufacturières non polluantes, dans les activités telles que l’emballage, le montage, la confection, les technologies de l’information et de la communication (Tic), les services médicaux, les matériaux de construction, les services logistiques, entre autres. Ce sont ces types d’entreprises qui peuvent être accueillies dans les ZES de Diamniadio. Mais, il y a des critères d’éligibilité dans ces zones. Parce que, ce n’est pas n’importe quel type d’entreprise qui sont dans ces activités qui peuvent s’installer dans la zone. Les critères d’éligibilité sont de trois : le premier est le plus déterminant. Il faut que l’entreprise puisse exporter au moins 50% de la production. Comme je vous le disais tantôt, nous cherchons à rééquilibrer la balance commerciale du Sénégal. Parce que, le Sénégal importe beaucoup de produits et en exporte peu. Cause pour laquelle, nous favorisons les entreprises exportatrices.Deuxième critère, c’est le critère d’investissement. On ne cherche pas les toutes petites entreprises. Il faut que l’entreprise investisse au moins 500 millions Cfa. Troisième et dernier critère, c’est le critère de l’employabilité. Il faut que ces entreprises soient des entreprises pourvoyeurs d’emplois. Aujourd’hui à Diamniadio, ce qu’on demande aux entreprises, c’est de créer au moins cinq emplois pour 100 mètres carrés de bâtiment industriel exigé. Si ces trois critères sont réunis, mais peuvent ne pas être réunis simultanément, c’est à l’appréciation de l’Administrateur. Et en ce moment, on va délivrer une autorisation d’installation à l’entreprise et un agrément qui lui permettra de bénéficier d’un package incitatif. Et c’est ce package incitatif qui fait que cette zone à une réputation de ZES. C’est quoi en faite? Si l’entreprise a cette autorisation d’installation et à l’agrément d’entreprise de ZES, alors quelles sont les incitations qui sont derrière tout ça ? C’est quoi? Alors tout ce que l’entreprise produit, comme matière première pour son installation, est hors taxe, hors douane. Et même pendant la phase de production, si la matière première est obligée d’être importée , parce que ça n’existe pas au Sénégal, c’est hors douane, hors taxe. L’impôt sur les sociétés qui est de 15% alors que le droit commun sénégalais, l’impôt sur les sociétés est de 30% du bénéfice imposable. Les entreprises installées dans les ZES, c’est de 15%. Les contrats de travail, il y a une flexibilité dans la durée. Par exemple, dans les ZES, vous pouvez faire des CDD jusqu’à 5 ans, alors que dans le droit commun sénégalais, les CDD c’est au maximum 2 ans. Ça, c’est une flexibilité qu’on donne aux entreprises installées dans les ZES. Mais aussi tout ce que ces entreprises achètent localement, c’est en hors TVA. Donc, il n’y a pas de taxe sur la valeur ajoutée. Parce que, les entreprises qui sont installées dans les ZES, sont considérées comme des entreprises qui sont en extraterritorialité. C’est comme si, elles n’étaient pas au Sénégal. C’est pour ça , on met en place, ce package incitatif qui permet d’attirer ces investissements directs étrangers, d’attirer de grands multinationaux qui viendront au Sénégal pour s’installer dans les ZES, afin de pouvoir tirer le contenu local, l’industrie locale sénégalaise. Parce que, nous voudrions qu’elles sous traitent beaucoup de choses avec les entreprises locales qui sont en dehors des ZES.

Le secteur privé national justement, est-il bien présent dans les ZES notamment à Diamniadio ? 

Bien-sûr. Je donne un exemple. Dans les ZES, les gens croient que c’est juste des investissements directs étrangers qui sont là. Mais, si tu prends l’entreprise CWACARD qui fabrique maintenant des cartes bancaires, à partir de 2019-2020, le Sénégal sera un pays de fabrication de cartes bancaires, les cartes GAB. Auparavant, toutes les banques de l’Uemoa commandaient leurs cartes à partir de la France où d’autres pays Européens. Et maintenant, toutes ces banques vont maintenant commander leurs cartes bancaires à partir d’une entreprise qui s’appelle , CWACARD qui est installée dans la Zone Économique Spéciale de Diamniadio qu’on appelle communément le Parc industriel de Diamniadio. Cette société a été créé par un sénégalais et un ivoirien qui sont des ingénieurs en monétique qui travaillaient en France chez le groupe Thalès, l’un des plus grands fabricants de cartes bancaires. Ils se sont associés avec le plus grand groupe de fabrication de cartes bancaires au monde qui s’appelle Data Card, pour créer CWACARD au Sénégal. Et la fabrication de cartes bancaires, c’est de la haute technologie. Aujourd’hui, la production de ces cartes vont bientôt démarrer. Présentement, CWACARD a recruté 150 jeunes ingénieurs, techniciens sénégalais dans les domaines de l’informatique, de l’électronique et des télécommunications qui vont s’occuper de la production de la confection, de l’aspect développement logiciel et conduite des procédures, des process en entreprise.  Et des jeunes sont présentement en formation. Ils sont 150 et à terme, ils doivent être 750 sénégalais qui vont travailler dans cette entreprise. CWACARD, ce n’est pas seulement la fabrication de cartes bancaires. Il y a aussi tout ce qui est carte électronique, telle que la carte d’identité biométrique, les nouveaux permis de conduire biométrique, les cartes d’accès telles que les cartes qu’on utilise sur le péage. Mais aussi, il y a une autre ligne de production qui consiste au montage de terminaux de paiement électronique. C’est ce que vous voyez dans les grandes surfaces, dans les restaurants. Les gens paient avec leur carte . Au Sénégal, on va commencer à faire des montages de terminaux électroniques. C’est des terminaux avec des recharges solaires. C’est des terminaux GSM qui fonctionnent avec des puces , comme celles des téléphones. Mais, le plus intéressant, c’est que c’est des terminaux qui fonctionnent avec des codifications biométriques. On va faire maintenant de la monétique. Les gens vont maintenant travailler avec de la monnaie électronique. Et cela va permettre de régler beaucoup  de problèmes surtout le problème des agressions, de cambriolage dans les boutiques, dans les magasins. En faite, les gens vont manipuler de moins en moins de la monnaie fiduciaire. Celui qui vient et qui emporte votre terminal électronique, ça ne servira pratiquement à rien.

Quelle est la différence entre une ZES et une zone franche industrielle ?

La différence, ce n’est pas tellement grande. Les zones franches industrielles, c’est des zones qui ont une vocation d’exportation, presque totale. Par exemple, tu prends la zone franche industrielle du Sénégal qui se trouve à Mbao, c’est une zone où le critère recherché, c’est l’exportation. Pour s’installer dans cette zone, il faut exporter au moins 90% de sa production. Or, dans les ZES, on commence à partir de 50%. Les zones franches industrielles du Sénégal peuvent être muté aujourd’hui en ZES. Parce que le critère le plus déterminant, le plus difficile à remplir, c’est surtout l’exportation.  Parce qu’en général, toutes les entreprises qui sont dans les zones franches industrielles, du point de vue création d’emplois, sont des zones en haute intensité de main d’oeuvre. Et aussi investir le milliard dans ces types d’entreprises.

L’Agoa est-elle une chance pour les entreprises sénégalaises notamment celles installées dans les ZES où les zones franches industrielles ?

J’en profite pour dire que le Sénégal a le bénéfice d’exporter sur l’Agoa depuis 15 ans. Et n’a jamais pu exploiter cette certification pour exporter aux USA avec le label Agoa qui permet d’exporter sans payer des franchises des droits de portes. Alors, pour la première fois avec la ZES de Diamniadio, plus particulièrement avec l’entreprise CNH, qui est une entreprise chinoise de renommée qui est installée un peu partout dans le monde. Et qui produit des tenues telles que des blousons, Lacoste, tee-shirts en grande quantité, bénéficie aujourd’hui de cette certification Agoa. Et le premier conteneur est déjà parti aux USA avec le label Agoa, donc made in Sénégal, avec le label Agoa, via cette entreprise chinoise CNH qui emploie aujourd’hui 250 employées, de jeunes couturières entre 18 et 30 ans. Elles ont été recrutées dès l’ouverture de cette entreprise. Et à terme, les couturières devraient être 2000. L’entreprise va bientôt commencer son extension pour atteindre d’ici l’année prochaine, les 2000 employées.

L’Axe Dakar-Ankara est au beau fixe. Est-ce que la Turquie envisage de se déployer dans nos ZES ?

Les Turcs sont intéressés, les chinois aussi, pour se déployer dans les ZES du Sénégal. D’ici peu, vous allez voir, les Turcs seront présents dans les ZES du Sénégal, surtout dans l’exploitation minière. Ils seront bientôt là. Nous sommes en train de travailler à la mise en place d’une ZES à vocation sidérurgique avec un groupe Turc.  Nous avons travaillé aussi avec un groupe chinois pour l’installation de la ZES  de Diass. Une partie sera dédiée à un promoteur-développeur chinois qui va à lui seul, exploiter 300 hectares dans le domaine des textiles, du montage automobile, du montage d’appareils électroniques, tels que les transformateurs, les disjoncteurs. On va bientôt commencer à les monter au Sénégal. Mais aussi, dans l’agro-industrie, dans la transformation des produits locaux cultivés ici au Sénégal et d’autres produits qui vont être exporter sur le marché international. Et là aussi, le secteur privé sénégalais n’est pas en reste. On a reçu pas mal de manifestations d’intérêt de privés sénégalais qui veulent s’installer aussi dans les ZES du Sénégal.

Quels sont les enjeux et perspectives des ZES ?

Aujourd’hui, on est en train d’amorcer la deuxième phase du Parc industriel de Diamniadio. Parce qu’aujourd’hui on a juste aménagé que 13 hectares, alors que le Parc est prévu pour 53 hectares. La deuxième phase va bientôt démarrer et c’est 17 autres hangars qui seront constitués. Et aujourd’hui, il y a une forte demande de privés, d’entreprises qui veulent s’installer dans cette zone. Il y a aussi la Zone Économique Spéciale de Sandiara avec un promoteur-développeur, la commune de Sandiara. Elle est piloté par le Maire, le ministre-conseiller Serigne Guéye Diop. Et cette convention sera signée dans les jours à venir, afin de pouvoir accélérer l’installation des entreprises au niveau de la ZES de Sandiara. Et aussi, la ZES de Diass où pour le moment, il y a un seul promoteur-développeur qui est Telliyum. Ce groupe a installé un cargo-village et une infrastructure de gestion de fret aéroportuaire qui fonctionnent avec 135 employés.  Ces derniers sont déjà opérationnels. Telliyum est en train de développer un parc industriel sur 50 hectares où il y a deux entreprises qui sont en train de s’installer et une troisième en préparation. Et il y a d’autres demandeurs qui veulent s’installer dans ce parc industriel développé par Telliyum. Aujourd’hui à Diass, toutes les réservations sont épuisées. On est en train de penser à d’autres ZES au Sénégal. A savoir, la ZES de Thiénaba. Et nous voudrions qu’au Sénégal qu’il y ait des ZES en fonction des pôles-territoires installés au Sénégal, afin qu’on puisse exploiter les ressources de ces pôles. Il y a une étude qui est en train d’être bouclée avec le ministère de l’économie, du plan et de la coopération, à travers le Comité paritaire public-privé qui est à l’intérieur de ce ministère. Et qui est l’un des acteurs de ces ZES pour tout ce qui est médiation, concertation. Mais aussi, donner des avis consultatifs sur les ZES. Ce Comité a initié une étude pour le développement et le déploiement des ZES. Et ce, afin qu’on puisse savoir où est-ce qu’on doit implanter des ZES dans le Sénégal. Et chaque ZES, qu’elle sera sa vocation, afin de pouvoir tirer au maximum les ressources locales, exploiter au maximum les ressources locales, de pouvoir tirer au maximum, l’industrie locale. Comme je vous l’ai dit, pour que l’industrie locale puisse être à son apogée, il faut que les ZES servent de locomotives, à ces industries, pour que les ZES puissent tirer, carrément en sous traitant beaucoup d’activités avec ces industries locales. C’est là, où on parlera réellement de contenu local . C’est ça qui peut développer un pays. On a du fer. On a du pétrole. On a du gaz. On a du zircon. Toutes ces matières premières doivent être aujourd’hui exploitées. Le Sénégal a bien cerné les ZES. Aujourd’hui, nous sommes dans une phase de déploiement. D’ici 2 à 3 ans, le Sénégal aura un autre visage industriel. Notre objectif, c’est d’être parmi les Top 10 des Zones Économiques Spéciales d’Afrique.


source: teral24.com

Analyste: Aliou Mara

Administr...

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