Maroc: l faut bien se rendre à l'évidence. Si reprise de la croissance il y a, ce ne sera pas avant 2021

  • 28 août 2020 / Analyses / 57 / Fares RAHAHLIA


Maroc:        l faut bien se rendre à l'évidence. Si reprise de la croissance il y a, ce ne sera pas avant 2021

Dans un entretien
accordé à nos confrères de «Hespress FR», le Premier secrétaire de l'USFP
a livré une analyse
profonde et pertinente
de la gestion de la crise
sanitaire au Maroc
et de ses répercussions sur l'économie nationale.
Au tout début de l'interview, le leader du parti de la Rose a tenu à saluer le peuple marocain «pour sa solidarité et son engagement en faveur des mesures de confinement sanitaire». Il a ensuite estimé que «la fermeture totale et inopinée du pays, qui était nécessaire pour la préservation de la vie des citoyens, a impacté la majorité des entreprises marocaines et affecté leur capacité à faire face au risque de liquidité». «Pour cette raison, la réaction du gouvernement à travers le Comité de veille économique (CVE) était judicieuse et vitale pour atténuer ce risque», a-t-il fait savoir. «Cependant, nous ne devons pas nous contenter de cela et nous devons nous tourner vers le risque de solvabilité qui pourrait empirer avec le retard de la reprise de l'activité économique», a-t-il ajouté avant de mettre en lumière la nécessité de continuer à distribuer les aides directes pour permettre aux ménages de faire face à la crise «surtout que les vagues de licenciements risquent de s'accentuer dès cet été», a-t-il souligné.
Concernant la conjoncture actuelle de l'économie nationale, Driss Lachguar a précisé «qu'à l'instar de celle mondiale, notre économie va mal et ce n'est malheureusement que le début». Pour lui, «la situation est telle que la gestion de cette crise ne dépend pas de notre seul pays mais de l'ensemble de la communauté internationale». «Nous ne pouvons de ce fait nous avancer dans des prévisions sur une évolution précise de la situation ni sur sa durée dans l'espace et le temps. Nous sommes cependant sûrs que les conséquences seront néfastes sur l'économie mondiale, ce qui amplifiera la crise de l'économie nationale», a-t-il assuré, avant de préciser qu'aucune reprise de la croissance n'est aujourd'hui en vue. «Si reprise il y a, ce sera pour 2021 et il est peu probable qu'elle permette d'endiguer les dégâts induits par cette pandémie. Le monde est sans nul doute entré dans une crise économique et sociale qui va durer», a-t-il expliqué.
S'agissant des secteurs les plus touchés par la crise, le dirigeant ittihadi a précisé que «les rapports du HCP ainsi que les enquêtes de la CGEM indiquent clairement que les secteurs les plus touchés sont ceux des services, notamment le tourisme et les petits commerces mais également le secteur du BTP/Promotion immobilière et les industries exportatrices». Et d'ajouter: «Cependant, on ne parle que d'activités structurées. Alors que plus de 60% de l'activité économique nationale est dans l'informel».


source: Libération

Analyste: Driss Lachgar

Driss Lachgar (ou Lachguar...

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