Algérie:«La gouvernance locale au service d’une dynamique territoriale moderne»

  • 24 février 2020 / Analyses / 200 / ABI 1


Algérie:«La gouvernance locale au service d’une dynamique territoriale moderne»

Quel que soit le territoire ou la région qu’on veut considérer, il y aura toujours du potentiel à valoriser et des atouts à faire valoir. 

La réussite de cette mise en valeur réside dans la qualité de la gouvernance locale. C’est de la responsabilité de tous les acteurs locaux à mettre en place un plan de développement en cohérence avec le patrimoine de la communauté locale et aller vers l’exploration de nouvelles richesses pour un épanouissement durable et profitable.
Pour cela, il faut que l’interaction entre les acteurs impliqués dans la gouvernance locale, (élus locaux, administrations locale et centrale les représentants du monde économique etc.), soit positive et doit être optimisée en permanence. 

C’est tout le défi que rencontrent les pays en développement qui ont une gouvernance locale souvent déficiente à l’inverse des pays développés qui disposent d’une gouvernance locale très efficace.
En Algérie, et de l’avis de tous les spécialistes, la gouvernance de manière générale et celle des affaires économiques reste le talon d’Achille et le point faible du modèle institutionnel algérien. Une administration reconnue et certifiée bureaucrate par son mode de fonctionnement et par son organisation.
La situation requiert à la fois des réformes et aussi de la moralisation afin d’améliorer et moderniser le service administratif pour plus d’efficacité et de performance. Une révolution culturelle doit être entreprise pour que le personnel administratif devienne un élément en faveur du développement au lieu d’être contraignant.
La modernisation de l’administration par la généralisation des technologies de l’information et de la communication est une obligation. 

A cet effet, il y a lieu de noter un certain nombre d’actions réalisées dans ce sens et qu’il faut bien évidemment valoriser, telles que la numérisation de l’état civil, l’interconnexion dans l’administration judiciaire, la sécurité sociale etc., mais beaucoup reste à faire compte tenu des défis et des aspirations pour le changement. 

De leur côté, les collectivités locales doivent initier des actions dans ce sens pour mieux gérer et répondre aux besoins des citoyens en général et aux attentes des opérateurs économiques en particulier. Les régions doivent devenir bonnes à vivre mais surtout mieux à investir.
A cet effet, des outils de veille et d’aide à la décision doivent être mis à la disposition des responsables et des acteurs locaux. Un système d’information moderne, fiable et accessible en temps réel à travers une plateforme numérique serait d’un grand apport pour la promotion et l’attractivité des régions. Il fonctionnera selon les principes de l’intelligence économique et la Data Science pour permettre le traitement et l’analyse des données selon les besoins et leurs utilités. A ce titre, il serait intéressant d’accélérer le lancement du fameux projet de cartographie économique inscrit dans le programme d’action du gouvernement. Une plateforme totalement numérisée et qui deviendrait un véritable outil d’aide à la décision et un référentiel en termes de données et d’analyses économiques.

Aussi, et en réponse au contexte algérien toujours, il faut aller rapidement vers la mise en place d’une organisation et des mécanismes à même d’améliorer cette gouvernance surtout sur le volet relatif au développement économique. 

La proposition de création d’un conseil local pour l’économie (CLE) peut être une solution qui viendra répondre à cette problématique de gouvernance à l’instar de ce qui a été fait au Canada durant les années quatre-vingt du siècle passé lorsque le gouvernement fédéral a créé des organismes appelés les Sociétés d’aide au développement des collectivitsé (SADC).
Compte tenu que la notion du développement local est basée sur une approche participative et collaborative de tous acteurs locaux, d’où toute l’importance du facteur humain dans la réussite de toute démarche dans ce sens, une attention particulière doit être donnée à la ressource humaine à travers des formations adéquates. C’est dans ce cadre qu’on retrouve un exemple assez intéressant initié au Maroc par la création de l’Institut marocain de développement local (Imadel) vers la fin des années 2000.
A ce titre, il faut bien valoriser l’ensemble des projets initiés par l’Algérie avec différents partenaires étrangers (UE, Pnud, BIT, Onudi etc.) tels que le Capdel, Enpard, Padsel NOA, automatisation et employabilité des jeunes et bien beaucoup d’autres, dont les résultats n’ont pas été à la hauteur des ambitions faute à mon avis de suivi et surtout de mise en œuvre à travers une généralisation du fait qu’ils étaient des projets pilotes. Les groupes de travail désignés pour ces projets avait tous une vocation administrative plus qu’opérationnelle. Alors que la réussite de ce type d’initiatives dépend en grande partie de la phase pratique parce qu’elle est destinée à être mise en œuvre par les acteurs du terrain non pas par l’administration. Ceci devrait revenir au conseil local pour l’économie (Qu’on propose de créer) pour donner à ces projets toute la chance de réussite et d’être reproduits en intra-région et sur l’ensemble du territoire national avec les adaptations nécessaires selon les spécificités des régions.


source: lechiffredaffaires.com/

Analyste: Abderrahmane Hadef

 expert en business développement...

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