Sénégal:Budget général 2020, Les dépenses exécutées à 57,7 % en juin 2020



Sénégal:Budget général 2020, Les dépenses exécutées à 57,7 % en juin 2020

À fin juin 2020, les dépenses exécutées (ordonnancées) du budget général s’élèvent à 2240,40 milliards de FCfa, soit un taux d’exécution de 57,7 % des crédits ouverts au 30 juin 2020 de 3881,2 milliards. Dans l’ensemble, la quasi totalité des lignes de dépenses a connu une hausse due aux mesures prises par l’État pour la riposte contre la Covid-19.

Si l’on se réfère au rapport d’exécution budgétaire au deuxième trimestre 2020, les dépenses exécutées (ordonnancées) du budget général s’élèvent à 2240,40 milliards de FCfa, soit un taux d’exécution de 57,7 % des crédits ouverts au 30 juin 2020 de 3881,2 milliards de FCfa. Ce niveau d’exécution, relativement élevé, est dû à une « bonne » exécution des dépenses de transferts courants (65,1 % contre 53,6 % en 2019) et de transferts en capital (64,4% contre 57,0 % en 2019), ainsi que des dépenses en capital sur ressources extérieures (58,5 % contre 52 % en 2019), d’après le ministère des Finances et du Budget. Ce niveau important d’exécution de ces dépenses s’explique également par les mesures prises par le Gouvernement pour la riposte contre la Covid-19, avec les financements mobilisés pour endiguer la maladie et faire face aux effets socioéconomiques qu’elle a occasionnés.

Pour ce qui est des charges financières de la dette et des dépenses de personnel, leurs niveaux d’exécution ont atteint respectivement des taux de 52,8 % et 50,1 % des crédits ouverts. S’agissant de l’exécution des comptes spéciaux du Trésor, elle est essentiellement portée par le Fonds national de retraite qui, en ressources, a mobilisé 61,14 milliards de FCfa au titre de cotisations sociales, soit 55 % des prévisions annuelles. Pour les dépenses, il a exécuté des allocations de pensions pour un montant de 51,27 milliards de FCfa. À la date du 30 juin 2020, le Fonds a dégagé un solde positif de 9,9 milliards de FCfa contre 9,7 milliards de FCfa à la même date en 2019, soit une amélioration de 0,2 milliard de FCfa.

Concernant la situation de la consommation des crédits de paiement (ce qui a été effectivement payé à la date du 30 juin), les dépenses du budget général payées en cumul à la fin du deuxième trimestre 2020 s’établissent à 2165,95 milliards de FCfa, soit un taux d’exécution de 57,7 % par rapport aux crédits ouverts au 30 juin 2020. Le montant des dépenses payées représente 97 % de celui des dépenses ordonnancées qui s’élèvent à 2240,40 milliards de FCfa. Les crédits de paiement consommés sont répartis entre les dépenses ordinaires payées pour 1346,74 milliards de FCfa, soit 56,4 % des crédits ouverts, et les dépenses en capital pour 819,21 milliards de FCfa, soit 54,9 % des crédits ouverts.

Une analyse de l’exécution des dépenses par catégorie effectivement payées renseigne que les charges financières de la dette exécutées se chiffrent, au 30 juin 2020, à 170,29 milliards de FCfa, soit plus de la moitié des prévisions de l’ordonnance 2020-07 (52,8 %). Comparées à la même période de l’année précédente, les charges financières ont évolué en légère baisse de 2 % (-3,10 milliards de FCfa). Cette baisse est expliquée par les charges de la dette intérieure (-5,93 milliards de FCfa)

L’effectif total employé à fin mars 2020 s’élève à 150 688 agents

Les charges de la dette extérieure qui constituent l’essentiel de cette catégorie de dépenses (86 %), ont enregistré une hausse de 2,83 milliards de FCfa. Pour ce qui est des dépenses de personnel, le document du ministère précise qu’à la fin du deuxième trimestre 2020, les dépenses de personnel payées s’élèvent à 409,62 milliards FCfa, soit 50,1 % des crédits ouverts à la même date. Comparée au deuxième trimestre de 2019, les dépenses de personnel ont augmenté de 38,707 milliards de FCfa, soit 10,4 % en valeur relative.

Cette hausse s’explique notamment par l’augmentation de l’effectif de la fonction publique (qui passe de 144 207 agents à fin juin 2019 à 150 688 agents à fin juin 2020), l’entrée en vigueur de la dernière tranche de l’indemnité de logement (15 000 FCfa par agent) des enseignants, l’apurement des factures des dépenses de santé pour un montant global de 10,246 milliards de FCfa, dont 8,212 milliards de FCfa payés au premier trimestre 2020, le paiement des rappels d’intégration, d’avancement et de validation, notamment des enseignants. L’effectif total employé à fin mars 2020 s’élève à 150 688 agents, soit 94 % du plafond annuel de 160 334 autorisé par la loi de finances initiale 2020 maintenue par l’ordonnance 2020-07 du 17 juin 2020.

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Baisse du délai de paiement des fournisseurs de biens et services

Les autres dépenses ordinaires comprennent les dépenses d’acquisition de biens et services destinées au fonctionnement des services des ministères et des institutions ainsi que les dépenses de transferts courants pour la prise en compte des charges d’exploitation et de fonctionnement d’entités externes au budget général de l’État. S’y ajoutent les appuis à des catégories socioprofessionnelles de la population. Pour la première ligne, au 30 juin 2020, les dépenses d’acquisition de biens et de services sont exécutées (ordonnancées) à hauteur de 171,92 milliards de FCfa, soit 56,2 % des crédits ouverts contre 64,2 % (196,90 milliards de FCfa) un an auparavant. Le taux d’exécution des dépenses est en repli de près de 8 %. Cette baisse du niveau d’exécution, selon le rapport d’exécution budgétaire, est consécutive aux mesures prises par le Chef de l’État pour endiguer la pandémie de la Covid-19. Ces mesures ont eu comme effet le ralentissement des activités de l’administration qui a entrainé une baisse du rythme de la commande publique pour l’acquisition de biens et de services.

Par contre, le rythme de paiement de ces dépenses s’est considérablement amélioré comparativement à la même période de l’année précédente. En effet, les dépenses payées passent de 65,9 % au 30 juin 2019 à 92,8 % des crédits ordonnancés au 30 juin 2020. Cette performance, justifie le rapport, concrétise les mesures prises par le ministre des Finances et du Budget pour réduire le délai de paiement des fournisseurs de biens et services. Pour la seconde ligne relative aux transferts courants exécutés au 30 juin 2020, ils s’élèvent à 623,96 milliards, soit 65,1 % des crédits ouverts, contre 312,48 milliards (53,6 %) un an auparavant, soit un relèvement, de façon considérable, du taux d’exécution de plus de 11 %.

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Les dépenses d’investissement exécutées à seulement 28,1 %

 Les dépenses en capital ordonnancées au 30 juin 2020 s’élèvent à 872,82 milliards de FCfa sur des crédits de paiement ouverts de 1492,86 milliards de FCfa, soit un taux d’exécution de 58,5 %. Elles sont réparties entre les dépenses financées sur ressources internes pour un montant de 503,32 milliards de FCfa, représentant 58 % du total des dépenses en capital exécutées à la date du 30 juin 2020 et les dépenses financées sur ressources externes pour un montant de 369,50 milliards de FCfa.

S’agissant des dépenses en capital financées sur ressources internes, elles comprennent les dépenses d’investissement exécutées par l’État et les dépenses de transferts en capital. Au 30 juin 2020, les dépenses d’investissement exécutées par l’État sont arrêtées à hauteur de 27,61 milliards de FCfa sur des crédits ouverts de 98,27 milliards de FCfa, soit un taux d’exécution de 28,1 % contre 32,2 % réalisé à la même date pour l’année précédente. Le niveau bas de l’exécution de ces dépenses observé sur une bonne partie des programmes s’expliquerait par les délais requis pour les procédures de passation des marchés. À cela, s’ajoute l’effet des mesures qui avaient été prises au début de la pandémie (réduction des horaires de travail, télétravail…) par le Président de la République et qui ont ralenti, dans une certaine mesure, les activités de l’administration.

Toutefois, le niveau du montant payé aux prestataires de ces dépenses, rapporté à celui ordonnancé, est relativement satisfaisant et a enregistré une importante augmentation par rapport à l’année précédente. En effet, le montant payé s’élève, au 30 juin 2020, à 24,66 milliards de FCfa, soit 89 % du montant ordonnancé. Alors qu’à la même date, l’année précédente, le montant payé se situait à 17,89 milliards de FCfa, représentant 61,51 % du montant ordonnancé. Au titre des dépenses en capital sur ressources externes, le montant ordonnancé s’élève, à la date du 30 juin 2020, à 369,5 milliards de FCfa sur une prévision de 686,56 milliards de FCfa, soit un taux d’exécution de 53,8 %. Ces dépenses sont financées à 84 % sur prêts (310,2 milliards de FCfa) et 16 % sur dons (59,3 milliards de FCfa).


source: lesoleil.sn

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