Algérie : Selon Oxford Business Group , « L’Algérie, prochain exportateur de produits pharmaceutiques »

  • 11 juillet 2017 / Actualité / 331 / Emerging Africa


Algérie : Selon Oxford Business Group , « L’Algérie, prochain exportateur de produits pharmaceutiques »


D.R

Grâce à des politiques publiques «favorables» et à une production évoluant à la hausse depuis «plusieurs années», l’Algérie ne cesse de se rapprocher de son objectif de devenir un «grand» pays exportateur de produits pharmaceutiques. C’est ce qui ressort du dernier rapport d’Oxford Business Group, dont El Moudjahid détient une copie.
Marché de 40 millions de consommateurs, l’Algérie a vu sa demande de médicaments afficher une croissance à deux chiffres, ces dernières années, du fait du nombre grandissant de patients qui ont besoin de ces produits, notamment des enfants et des personnes âgées, et d’un système de couverture universelle de santé qui garantit un large marché pour ces produits.
Évoquant l’ouverture prévue prochainement de la plus grande usine régionale de Sanofi, OBG considère que cette réalisation constitue un pas «de plus» dans cette direction, et confie que les travaux de l’usine de Sidi Abdallah, qui occupe un terrain de 6,6 hectares dans la région de Zéralda (Alger), affichent actuellement un taux d’avancement de 90%, et cette dernière devrait, selon des «sources officielles», être entièrement opérationnelle d’ici la fin de l’année. «Une fois terminée, l’usine, qui a nécessité un investissement de 85 millions d’euros, aura une capacité de production de 100.000 unités par an, et emploiera plus de 300 personnes. Le site, destiné à la fabrication de formes sèches et liquides, produira environ 80% des volumes de Sanofi distribués dans le pays, ce qui en fera le plus grand centre de production du géant pharmaceutique en Afrique et au Moyen-Orient. Il s’agit de la troisième usine que le groupe ouvre en Algérie, après celle d’Oued Smar, spécialisée dans les formes sèches, et celle d’Aïn Benian, spécialisée dans les formes liquides», note le cabinet britannique qui, se référant aux déclarations du PDG de Sanofi Algérie, laisse entendre la possibilité d’une expansion encore «plus poussée». Haissam Chraiteh avait déclaré en effet, récemment, que le groupe souhaitait se lancer dans la production d’insuline et d’auto-injecteurs d’insuline en Algérie.
Pour Oxford Business Group, l’investissement de Sanofi à Sidi Abdallah s’inscrit dans le droit fil de la stratégie gouvernementale de développement du marché de la production algérienne et de la réduction des importations. «Au mois de février dernier, le laboratoire pharmaceutique algérien HUP Pharma a signé, avec l’entreprise de santé saoudienne Jamjoom Pharma, un accord portant sur l’ouverture d’une usine de fabrication de produits ophtalmiques, à Constantine. Le financement de l’usine, d’un montant de 130 millions de dollars, obéira à la règle 49/51, et HUP Pharma détiendra une participation majoritaire dans le projet, conformément au cadre juridique régissant l’investissement étranger», a ajouté la même source, assurant qu’une fois opérationnelle, l’usine devrait disposer d’une capacité de production de 250 millions de flacons de collyres par an, et pourra fabriquer également une gamme de 15 produits ophtalmiques actuellement produits à l’étranger par Jamjoom et importés.

Vers l’autosuffisance

Rapportant les déclarations du Directeur général de la pharmacie et des équipements de santé au ministère de la Santé, de la Population et de la Réforme hospitalière, Hamou Hafed, Oxford Business Group est catégorique. La production algérienne de produits pharmaceutiques a été multipliée par cinq, au cours des cinq dernières années, tandis que les importations ont baissé de 14,5%. Actuellement, l’Algérie est capable de produire sur son territoire 60% des médicaments dont elle a besoin, s’approchant ainsi de l’objectif de 70% d’autosuffisance fixé par le gouvernement et créant de «bonnes» conditions pour «développer» les exportations. Selon Hafed, on enregistrait, fin 2015, quelque 246 projets portés par des entités publiques et privées dans le secteur pharmaceutique, dont 183 dédiés à la production de médicaments. Cette hausse des activités s’inscrit dans un contexte plus vaste de développement du secteur et la production nationale de médicaments satisfait désormais 60% de la demande algérienne, contre 45% en 2015. Si la valeur des importations a augmenté, passant de 1,87 milliard de dollars en 2015 à 2 milliards de dollars en 2016, le volume de celles-ci a en revanche chuté de 12,3%, ce qui est la conséquence de la croissance de la production locale et de la dépréciation de la monnaie nationale.

Opportunités d’investissement

L’expansion du secteur pharmaceutique algérien, un marché dont la valeur a grimpé de 22% en 2016, pour atteindre 3,3 milliards d’euros et qui est désormais le deuxième marché du continent après l’Afrique du Sud, a suscité «l’intérêt de nombreux investisseurs, pour lesquels le pays constitue une destination d’investissement attrayante et une base intéressante pour exporter vers les autres nations africaines», lit-on dans le rapport du cabinet britannique. «La croissance du secteur a été portée en partie par des politiques publiques, telles que l’interdiction d’importer des médicaments qui pourraient être produits en Algérie et la création du Laboratoire national de contrôle des produits pharmaceutiques. L’amélioration des conditions de vie qu’ont connue de nombreux Algériens, ces dernières années, s’est traduite par une transition sanitaire et un recul des maladies transmissibles face à une hausse des maladies liées au mode de vie qui nécessitent des traitements plus coûteux et des investissements plus poussés dans le secteur», assure, à ce propos, Oxford Business Group.
    S. A. M.


source: EL MOUDJAHID

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