Maroc : Routiers, Une énième prime à la casse

  • 13 décembre 2017 / Actualité / 312 / Africa-Bi2


Maroc : Routiers, Une énième prime à la casse

Le groupe parlementaire de la CGEM à la deuxième Chambre a pu faire passer de justesse un amendement du projet de loi de finances (article 11 bis) sur le programme de renouvellement du parc d’autocars et de camions. Le texte a été voté hier lundi 11 décembre par la deuxième Chambre du Parlement. Dernier délai fixé par la loi organique des finances. L’Economiste l’avait annoncé en avant-première dans l’édition n°5159 du  30/11/2017.

Le dispositif s’articule autour de deux composantes: une subvention pour l’achat d’un véhicule neuf et une prime à la casse. Il devrait démarrer le 1er janvier 2018 et s’étendre jusqu’au 31 décembre 2020. Mais rien ne garantit que le mécanisme sera bien opérationnel dès le 1er janvier au regard des lourdeurs de la procédure.

Le programme cible le transport interurbain de personnes et de marchandises. Est également éligible le transport mixte (personnes et marchandises) dans le monde rural, utilisant un véhicule d’au moins 9 places. La Fédération du transport et de la logistique a réussi à étendre le programme aux véhicules de remorquage (dépannage) et des auto-écoles.

Le budget alloué au dispositif a été fixé à 150 millions de DH par an, soit 450 millions de DH sur trois ans, durée de vie du programme. Bien loin de 1 milliard de DH prévu pour l’édition précédente 2014-2016. Une rallonge pourrait être prélevée sur le budget général en soutien du Segma «Direction des transports routiers et de la sécurité routière».

Le montant est loin de couvrir les besoins. Selon l’étude réalisée par le Groupement professionnel du poids lourd (GPLC), le parc concerné, sans compter les dépanneuses et la flotte des auto-écoles, est estimé à 145.000 véhicules, dont 16.000 ont plus de 40 ans et 60.000 plus de 20 ans. L’enjeu est de retirer de la circulation au moins 76.000 véhicules. Ce qui nécessiterait plusieurs milliards de DH.

Une aubaine pour l’écosystème du poids lourd et de la carrosserie industrielle, dont le contrat de performance avait été signé par le GPLC et le gouvernement le 28 juillet 2015. Depuis, l’organisation professionnelle a procédé à une étude sur le parc de véhicules et aucune autre mesure n’a été prise par le ministère de l’Industrie pour activer l’écosystème.


source: l'Economiste

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