Maroc : Oléiculture : Les niveaux atteints représentent 135% de la moyenne des 5 dernières années



Maroc : Oléiculture : Les niveaux atteints représentent 135% de la moyenne des 5 dernières années

La production oléicole s’annonce bonne en cette campagne 2021/2022. La production des olives se situe à plus de 1,9 million de tonnes, en augmentation de 21% par rapport à la campagne précédente, qui était d’environ 1,6 million de tonnes. La même évolution sera observée pour l’huile d’olives dont la production devrait atteindre 200 000 tonnes. De son côté, la production d’olives de table industrielles serait de l’ordre de 130 000 tonnes, soit le même niveau enregistré pendant la campagne dernière.

Plusieurs facteurs ont contribué à l’amélioration de la production dont «les conditions climatiques favorables avec une pluviométrie de 309 mm, affichant une bonne répartition temporelle et spatiale et permettant d’avoir une bonne floraison, ainsi que l’entrée en production des nouvelles plantations réalisées dans le cadre du Plan Maroc Vert», explique Rachid Benali, président de l’interprofession marocaine de l’olive (Interprolive). Toutefois, ajoute-t-il, «cette production aurait été plus intéressante si les pluies automnales n’avaient pas tardé. D’autant que les conditions de sécheresse des mois de juillet et août ont entravé le développement correct du fruit». Sur le plan phytosanitaire, cette campagne s’est déroulée sans incidents notables sur le verger national. Ainsi, la production se caractérise par une qualité généralement satisfaisante. Toujours est-il que la performance oléicole enregistrée cette année approche le record affiché 3 années auparavant. En effet, les niveaux atteints cette campagne représentent 135% de la moyenne des cinq dernières années et 95% du record enregistré en 2018/2019 situé à 2 000 000 tonnes.

La progression de la production s’est accompagnée par un élargissement des superficies. En un peu plus de 10 ans, la superficie totale plantée en oliviers au Maroc a atteint 1 200 000 ha actuellement, contre moins de 750 000 ha en 2007/2008, soit une hausse de 60%. Les régions de Fès-Meknès et Marrakech-Safi accaparent plus de la moitié de la superficie plantée et de la production réalisée (voir tableau). De même, «près de 37,5 % de cette superficie totale est conduite en irrigué, qui participe à une grande partie de la production. Il est à signaler que le pôle super-intensif de l’olivier se développe de plus en plus dans cette zone irriguée, atteignant une superficie de plus de 50 000 ha», assure M.Benali.

Il faut dire que tous les indicateurs ont favorablement évolué, y compris les exportations. Les écoulements annuels globaux des olives de table se situent en moyenne à 90 000 tonnes et ceux des huiles d’olives à 30 000 tonnes. La dernière compagne d’exportation a consolidé cette performance avec des avancées nettes sur le marché américain pour les deux produits de la filière et ce, malgré les effets néfastes de la pandémie qui continue de sévir. Cependant, «la conjoncture actuelle de commercialisation de la récolte de la présente campagne oléicole 2022 connaît une forte tension sur les prix, rend le marché local attractif et crée une contrainte supplémentaire pour le secteur d’export. De ce fait, tous les acteurs sont mobilisés pour garantir la même présence de l’origine Maroc, notamment sur les marchés prioritaires ciblés dont les USA, l’UE et les pays de niches», indique le président de l’Interprolive. En dépit de toutes ces évolutions, la filière continue de pâtir de la prédominance des ventes en vrac. En effet, près de 85% de l’huile d’olives produite est vendue en vrac, alors que 15% seulement sont conditionnés, emballés et étiquetés, cela, sachant que le secteur compte plus de 100 marques commercialisées sur le marché,
11 000 unités traditionnelles et 940 unités modernes.

Compte tenu de l’importance de la filière dans le secteur agricole marocain, les professionnels continuent de déployer les efforts nécessaires en vue de poursuivre l’amélioration de ses performances et aussi afin de préserver la position du Maroc dans cette culture, sur l’échiquier international. «Des concertations intenses ont été réalisées entre la profession et les pouvoirs publics concernés pour la déclinaison de la stratégie Génération Green pour la filière. Les séances de travail ont été menées sur la base de propositions concrètes des professionnels et ont été couronnées par l’élaboration d’un projet de contrat programme qui régit le développement de la filière pour la période 2021-2030», souligne M.Benali. De même, des séances d’information et de sensibilisation sont en cours pour garantir la mobilisation de l’ensemble des acteurs, notamment au niveau régional.

L’agrégation agricole a concerné 4 500 ha pour plus de 1 300 professionnels

La filière oléicole dispose de modèles d’agrégation réussis. A côté des grands opérateurs leaders, divers types d’organisation se différencient notamment au niveau des pôles intensifs. Les projets d’agrégation soutenus par l’Etat conformément à la loi 04-12 concernent une superficie de plus 4 500 ha correspondant à plus de 1 300 professionnels dont les agriculteurs et les triturateurs. Notons que l’Etat accorde une importance particulière au développement de cette forme d’organisation. Des programmes d’action sont en cours d’implémentation, liés notamment à la simplification des procédures, l’élargissement des modèles typiques à la filière, l’encouragement de l’ensemble des investissements nécessaires… et ce, dans l’objectif d’impulser l’agrégation dans la filière.


source: lavieeco.com

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