Maroc : BAM, CGEM et BEI déblaient les pistes du renforcement du secteur privé

  • 12 décembre 2017 / Actualité / 430 / Africa-Bi2


Maroc : BAM, CGEM et BEI déblaient les pistes du renforcement du secteur privé

Les entreprises marocaines se caractérisent par une taille plus importante par rapport à celles de la région Mena. Le nombre moyen de travailleurs  permanents étant de 55,5 contre 29,9 dans la région, et 36,4 dans le reste du monde. En général, les entreprises marocaines croissent à un rythme plus élevé que leurs homologues régionales. Mais le pays possède le plus grand écart entre les intentions et les créations réelles d’entreprises dans la région Mena


Le renforcement du secteur privé marocain passe par l’investissement en infrastructures socio-économiques. C’est le message clé adressé par Roman Escolano, vice-président de la Banque européenne d’investissement (BEI) au forum sur le développement du secteur privé au Maroc.

Co-organisé par la Banque centrale, la CGEM et la BEI, la rencontre ciblait, en particulier  le soutien de l’investissement et la résilience économique. Bien qu’il n’ait pas  suscité un engouement de la part des opérateurs, le débat a eu le mérite de sonder des pistes où le secteur privé pourrait se déployer avec succès.    

Aujourd’hui, le secteur privé doit se mettre au diapason des nouvelles orientations qui s’appuient sur le partenariat public-privé. Avec en priorité, l’investissement dans les grands projets d’infrastructure orientés vers le développement inclusif. Ce qui est en phase avec les financements de la BEI.

«Au cours des dix dernières années (2007- 2017), la BEI a financé pour plus de 15 milliards d’euros des projets dans le voisinage de l’Union européenne.  Des projets qui relèvent essentiellement des transports, de l’éducation, de l’eau, de l’assainissement et de la santé. Avec une montée en puissance des énergies renouvelables à la clé une place centrale pour les énergies renouvelables, constate  Escolano.  Sur ce montant, environ 4 milliards d’euros ont profité au Maroc. Et en 2017, la BEI financera pour plus de 300 millions d’euros de projets au Maroc.

Le secteur privé, qui joue un rôle pivot dans la transformation économique du pays, requiert également une mise à niveau du cadre légal. Et surtout le  déverrouillage des entraves à l’investissement dans des secteurs comme la santé ou encore la formation. 

Le vice-président de la BEI s’est dit porteur de trois messages à partager avec les opérateurs marocains, dont la présence soit dit en passant était peu significative. Le premier tient à l’importance du partenariat du Maroc avec l’Union européenne, le second réitère la volonté de la banque européenne à soutenir le développement des économies de la région, enfin le rôle crucial du secteur privé dans la transformation économique.  

La cible des financements BEI

Au Maroc, le soutien de la BEI au secteur privé s’articule autour de prêts directs à des grandes entreprises (locales et européennes) et des lignes de crédit au système bancaire  pour financer les PME et les entreprises de taille intermédiaire. Sauf, «qu’il faut mettre fin aux dérives de financement dues à des abus de positions dominantes qui hypothèquent l’avenir des entreprises marocaines», met en garde le vice-président de la CGEM, Hakim Marrakchi.

Ces dérives font que le problème de trésorerie est devenu au cœur des préoccupations. Car, il hypothèque l’avenir de l’entreprise. D’où l’interpellation des parties prenantes à travailler ensemble sur les solutions appropriées. Pour celui que la rumeur renvoie à la tête du patronat, «il est urgent de rétablir une relation de confiance entre l’entreprise et l’administration publique afin de soutenir l’investissement privé, favoriser l’innovation et créer l’emploi».

  A charge aussi pour les banques de soutenir l’investissement via l’accès au financement. Tout en se félicitant de la performance du secteur financier, le vice-président de la CGEM, estime que les banques doivent jouer leur rôle non seulement en finançant l’économie mais également dans le cadre de la création de l’emploi et des richesses.

A cet effet, des contraintes doivent être levées pour libérer davantage l’élan d’investissement de l’entreprise. Compétitivité, renforcement des parts de marché local, internationalisation et promotion plus intelligente des IDE, les chantiers qu’il faut accélérer, selon Marrakchi.

Pourtant, la volonté de hisser le secteur privé au rôle de moteur de développement économique et social ne date pas d’aujourd’hui. Comme l’a rappelé le directeur général de Bank Al-Maghrib, Abderrahim Bouazza, le Maroc, a entamé un processus de privatisation depuis les années 1990. 

Mais ce processus qui n’est pas allé jusqu’à supprimer les chasses gardées se matérialise toujours par le système de contrôle paralysant, voire décourageant même pour les petites ouvertures ciblant l’enseignement, la santé, le transport ou encore l’énergie. Les tentatives butent souvent sur «les agréments et autres autorisations» difficiles à obtenir pour le commun des opérateurs. 

Les partenariats public-privé, notamment en ce qui concerne les stratégies sectorielles, restent l’apanage des secteurs productifs. Avec également des contraintes liées à la libéralisation totale de certains d’entre eux. Plusieurs réformes restent en effet, inachevées.

Le Maroc a aujourd’hui l’avantage de la stabilité politique et une  gestion macroéconomique jugée saine par les institutions internationales. Il se place aussi  en tête des pays les plus attractifs du continent africain, selon le baromètre d’attractivité 2017 publié par le cabinet international Ernst & Young.

Au niveau international, l’effort d’investissement au Royaume est important et ressort très élevé comparé à plusieurs pays émergents, avec un taux d’investissement établi à près de 34% en moyenne sur les 10 dernières années. Il reste donc à mettre à profit ces atouts en libérant les énergies via une réelle ouverture de l’ensemble des composantes de l’économie.

Pour le vice-président de la CGEM, les besoins de l’entreprise se résument en une bonne gouvernance des politiques publiques,  d’une administration au service de l’entrepreneuriat et d’une politique d’inclusion des femmes et des jeunes. Et pour compléter le dispositif  d’un nouveau contrat social en matière d’éducation et des relations de travail.


source: l'Economiste

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