Maroc : Agriculture : Quand le Maroc fait de l’ombre à Almeria “garde-manger“ de l’UE



Maroc : Agriculture : Quand le Maroc fait de l’ombre à Almeria “garde-manger“ de l’UE

En Andalousie,  le secteur agricole d’Almeria longtemps considéré comme le garde-manger de l’Europe fait face à tellement de défis qu’il en risque, si ce ne l’est déjà, d’en perdre son statut. L’un de ses gros problèmes est sans aucun doute le Maroc. En effet la concurrence est on ne peut plus féroce entre le secteur agricole de cette province de la région de l’Andalousie et celui du Maroc. Le secteur agricole d’Almeria se sent du reste si fragilisé, qu’il se dit harcelé par la rivalité de l’autre rive de la Méditerranée à tel point qu’il n’en peut consolider une résistance à son modèle. La secrétaire générale à Almeria de “ASAJA“ (Association agricole des jeunes d’Almeria), Adoracion Blanque, a plaidé une restructuration totale du secteur et des mesures structurelles appropriées. Almeria, représentent « plus de 26% du total des exportateurs agroalimentaires, avec une augmentation de 4% par rapport à l’année précédente » et pourtant malgré cela ce n’est pas la joie. C’est que 2021 a marqué les esprits et n’a pas été une année facile pour le secteur agricole dans cette province nourricière de l’Espagne et de l’Europe. L’augmentation des coûts de production, l’instabilité des prix à la source, le manque d’eau et autres misères ont fait que l’on se cherche en Andalousie en général et à Almeria en particulier. Avec ce début d’année difficile et en plein milieu de la sixième vague de la pandémie Covid-19, on en appelle donc aux réformes comme celle du travail afin de supprimer les contrats temporaires, prédominants dans le secteur primaire en raison de leur discontinuité.  « Ça va nous faire plus cher, un surcoût, en n’estimant pas la durée des campagnes et en rendant plus cher le licenciement « , explique Blanque. Une situation, qui préoccupe par l’entrée en vigueur de la réforme du travail et la hausse constante du SMI qui a augmenté de 30 % en deux ans et le place à 45 % du coût total d’une exploitation agricole. Ces perspectives de nouveaux coûts peuvent être “la fameuse goutte d’eau“ pour un secteur qui se bat pour sa survie et ce en dépit de nouveaux records d’exportation. En effet, la forte hausse des coûts de production a motivé une contestation généralisée dans ce secteur et ce, bien que des mesures fiscales aient été approuvées comme pour le diesel, les engrais ou le plastique et dont la plupart restent encore à mettre en œuvre. Au bilan annuel, on a mis l’accent sur la hausse des coûts de production et la baisse des revenus agricoles. A l’augmentation des dérivés du pétrole s’ajoute l’augmentation des coûts d’approvisionnement et, désormais, ceux liés aux coûts de l’énergie. Cette hausse des coûts de 30% sur un an porte déjà les dépenses de consommation à 13% et cela se traduit par une baisse allant jusqu’à 6 % de la rentabilité de l’agriculteur. Mais il n’y a pas que la restructuration du travail ou la hausse des coûts qui préoccupent. Almeria se plaint également des  “nombreuses attaques extérieures contre son modèle d’agriculture intensive“, parrainées par des concurrents tiers qui, paradoxalement, trouvent désormais au Maroc, une chef-lieu pour acheter à bon prix. Il est reproché à notre pays la souplesse des “quotas d’importation en provenance des pays tiers accordé par l’UE“. Aussi, le secteur agricole espagnol se ressent de ne pas être défendu ou valorisé par Bruxelles. « Que le jugement de la Cour supérieure de justice de l’Union européenne qui déclare que les accords d’association avec le Maroc sont illégaux puisse être exécuté », a déclaré Francisca Iglesias, responsable provinciale de l’Union des petits agriculteurs. Plus de 500 000 tonnes de légumes marocains ont atteint notre continent cette année, malgré les quotas et les condamnations dues au conflit du Sahara. Et, en plus, l’UE a déjà fait appel de la condamnation. Au Maroc s’il est un fait qui a constitué un véritable mécanisme de développement économique et social, notamment au profit des différentes catégories d’agriculteurs qui forment l’essentiel de la population rurale c’est bien le Plan Maroc Vert (PMV). Le Chef du gouvernement Aziz Akhannouch avait rappelé dernièrement dans l’hémicycle parlementaire la mise en œuvre de ce plan reposant sur deux piliers, à savoir un premier axé sur le développement de l’agriculture moderne à haute valeur ajoutée et productivité élevée, et un deuxième articulé sur l’agriculture solidaire dans les zones fragiles. Il a précisé que sur le plan économique, le produit intérieur brut agricole a augmenté de 5,25% en moyenne annuelle, contre 3,8% pour les autres secteurs. En termes de création de richesse, elle a doublé passant de 65 milliards de dirhams (MMDH) en 2008 à 125 MMDH à fin 2018. Le PMV a également permis la création de 342 000 emplois supplémentaires, ainsi que l’augmentation du nombre de jours de travail par an pour chaque travailleur, qui est passé de 110 à 140 jours/an, grâce à l’expansion des espaces cultivés, la diversification des cultures et l’amélioration de la production. Le secteur agricole représente plus de 72% de l’emploi rural et contribue à la promotion de l’emploi et des revenus et à la lutte contre la pauvreté en milieu rural.


source: fr.hespress.com

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