L'Algérie s'explique devant le FMI: LE MINISTRE DES FINANCES ET LE GOUVERNEUR DE LA BANQUE D'ALGERIE À WASHINGTON



L'Algérie s'explique devant le FMI:  LE MINISTRE DES FINANCES ET LE GOUVERNEUR DE LA BANQUE D'ALGERIE À WASHINGTON

Morte et enterrée, il ne restait qu'à jeter une pelletée de terre sur l'Algérie. Les tenants de cette thèse récurrente depuis le début du Printemps arabe doivent patienter, encore le temps de voir fleurir le sel. 
Pas de panique donc, l'Algérie a tenu bon. La chute brutale des cours du baril a engourdi la croissance, mais le pays a résisté au marasme pétrolier.
En dépit de cet affaissement, l'Algérie, qui dispose encore du PIB par habitant le plus élevé dans la région d'Afrique du Nord, réinvente son modèle économique dans l'adversité. Fini l'opulence qui nous a abrités des tensions sociales durant le Printemps arabe grâce aux dépenses publiques et au soutien à la consommation. Il n' y a que le discours de vérité à servir chaud quitte à ce qu'il brûle.
D'où un nouveau modèle de croissance ayant pour objectif principal de trouver de nouvelles niches fiscales. Pour ce faire, le gouvernement mise sur des investissements porteurs comme l'agro-industriel, les énergies renouvelables, les services ainsi que l'économie numérique. En plus du financement non conventionnel, l'Etat dope la croissance en se tournant vers les PME par un encouragement fiscal substantiel. Mais cela n'a pas suffi pour rassurer aussi bien les instances internationales que les investisseurs souvent parasités par des rapports souvent inconsistants. Ainsi, placée sous le faisceau lumineux des instances internationales, l'Algérie a été scrutée avec attention par les investisseurs étrangers quêtant les résultats de la stratégie gouvernementale.
Le grand argentier du pays, et le gouverneur de la Banque d'Algérie ont étalé hier tout l'argumentaire à Washington devant des responsables du FMI et de la Banque mondiale. Le ministre des Finances, Abderrahmane Raouya, s'est entretenu avec le directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale du FMI, Djihad Azour, ainsi qu'avec des responsables du département en charge des dépenses publiques et des questions fiscales. Raouya a présenté l'évolution récente de la situation économique en Algérie, mettant en avant les dispositions réglementaires prises pour encadrer le recours au financement non conventionnel par des mesures rigoureuses en matière de suivi et de mise en oeuvre d'un important programme de réformes. Il a précisé que le financement non conventionnel est orienté vers le secteur productif afin de stimuler la croissance et la création d'emploi. Pour sa part, le gouverneur de la Banque d'Algérie (BA), Mohamed Loukal, a indiqué que «les réformes structurelles sont cruciales pour renforcer la croissance, mais doivent être adaptées aux spécificités de chaque pays». Présidant la réunion du Comité monétaire et financier international (Cmfi) du FMI il a eu à évoquer le cas des pays producteurs de pétrole dans la région Mena. Ces pays émergeaient graduellement des effets du choc externe de 2014 au regard du contexte de reprise récente des prix du pétrole et du raffermissement de la croissance mondiale». Pour autant, il a estimé que les perspectives économiques de ces pays dépendaient fortement de leurs efforts de diversification, de reconstitution de coussins de sécurité, de prise en charge des vulnérabilités financières et de création.
 


source: L'Expression

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