Industrie automobile : Ciblage stratégique des marques à développer

  • 28 août 2017 / Actualité / 510 / Emerging Africa


Industrie automobile : Ciblage stratégique des marques à développer

Relance de l’industrie automobile, le sujet est sur toutes les lèvres. L'économiste Mohamed Achir, dans un entretien publié sur le site maghrebemergent.info, explique que «ce n’est pas seulement le nombre de voitures à produire par an qui conditionne la rentabilité
 d’un projet du secteur automobile».

Outre l’aspect concurrentiel qui prévaut, l’universitaire dira que les grands constructeurs automobiles sont, d’une part, «en quête d’optimisation des coûts et de la rentabilité» à travers, entre autres, «la maîtrise de l’innovation, la numérisation, la logistique internationale, la consommation d’énergie». D’autre part, «ils sont face au défi de l’exigence environnementale et doivent développer des voitures électriques et hydriques».
Et pour percer le mot de passe de cet écosystème difficile, M. Achir estime que l’Algérie aura du pain sur la planche. «C’est pourquoi il n’est pas facile d’exiger un taux d’intégration au démarrage», note-t-il. Et d’ajouter : «C’est la capacité d’innovation opérationnelle des équipementiers automobiles qui procure des marges bénéficiaires aux constructeurs et ces derniers sont en concurrence rude pour s’adapter aux besoins nouveaux des clients, notamment en termes de compétitivité structurelle avérée, la dotation d’une banque des sous-traitants capables de s’insérer dans cette chaîne de valeur concurrentielle, l’économiste indique qu’il faut à l’Algérie «un temps nécessaire pour l’apprentissage et le développement de cette industrie et surtout faire un ciblage stratégique des marques à développer». La question, enchaîne-t-il, «ne se limite pas donc à l’élaboration d’un simple cahier des charges, mais dans la capacité du gouvernement à faire sortir l’économie de sa culture rentière et créer une compétitivité structurelle permettant la génération d’une économie de production compétitive». A une question liée aux filières industrielles sur lesquelles le gouvernement peut s’appuyer pour lancer une industrialisation viable, l’universitaire préconise, d’abord, un audit du secteur public marchand industriel (SPMI). Suivra la nécessité de «consolider les entreprises stratégiques avec une profonde réforme managériale et actionnariale et engager une véritable stratégie industrielle intégrée susceptible de mobiliser le potentiel du secteur privé national et l’apport de la diaspora et des partenaires étrangers». Abondant en termes d’industrialisation, M. Achir la qualifie de «processus long» nécessitant des «réformes structurelles et la mise en place d’un système national d’innovation qui doit être articulé avec le système de formation et impliquer la diaspora algérienne».
Et d’enchaîner : «Il faut instaurer une administration économique qui favorise l’attractivité de l’environnement des affaires et mettre en place un système de recherche et développement au service des filières industrielles à développer».
    Fouad Irnatene


source: el moudjahid

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