Algérie : Importations , Les défis de la diversification

  • 12 juillet 2017 / Actualité / 385 / Emerging Africa


Algérie : Importations , Les défis de la diversification


L’allègement de la facture des importations à travers l’imposition de licences d’importation et la suspension des domiciliations bancaires est une option rendue nécessaire par la conjoncture, et, par conséquent, par cet impératif de modérer la cadence exagérée des dépenses et d’économiser les ressources indispensables au financement de la croissance. Visant à réguler et à contrôler le commerce extérieur livré ces dernières années à de multiples pratiques frauduleuses nées d’une ouverture excessive et irrationnelle, la politique prônée dans ce sens par le gouvernement algérien est toute indiquée dans cette phase difficile. Cependant, les experts insistent sur le fait que cette solution, qui s’avère aujourd’hui incontournable et indispensable pour mettre un terme à l’hémorragie de la devise, ne peut être efficiente que si elle est soutenue, en parallèle, par des mesures économiques dans le sens de l’encouragement de la production nationale, de la consolidation de la résilience de l’économie du pays, et de la compétitivité des entreprises de production. Des pré-requis pour que la politique d’import-substitution envisagée par l’Etat trouve tout son sens et son ancrage dans une démarche globale.
L’Algérie traverse une conjoncture financière délicate qui recommande « un usage judicieux des ressources et des décisions audacieuses », dans le but de « réduire les importations sans influer sur le marché intérieur ni sur le niveau de vie du citoyen», avait déclaré M. Abdelmadjid Tebboune, lors de son passage au département du Commerce. Des propos qui résument la nature des défis à relever, à moyen terme, pour maintenir les équilibres financiers du pays et cette nécessité d’œuvrer à l’émergence d’une économie diversifiée et tournée vers l’exportation. Dans cette optique, la consolidation des fondamentaux économiques devant irréversiblement passer par le renforcement des éléments structurants du nouveau modèle de croissance, est censée constituer la priorité des priorités du gouvernement. Il s’agira essentiellement de soutenir davantage la maîtrise de la dépense publique —une mesure d’ailleurs consacrée dans les projections de la loi de finances pour 2018— et de concourir à l’efficience et à la compétitivité économiques. La nouvelle vision du développement projetée sur la trajectoire 2016-2019 et, d’autre part, sur une perspective de diversification et de transformation de l’économie à l’horizon 2030 est censée mettre en place les instruments de la transition, les outils de stabilisation des dépenses budgétaires et contribuer à une amélioration de la fiscalité ordinaire, une importante réduction du déficit du Trésor et, beaucoup plus, à une mobilisation de ressources alternatives sur le marché financier interne.
D. Akil
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source: EL MOUDJAHID

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