Facture d’importation dans le secteur automobile : 33,5 milliards de dollars depuis 2010

  • 04 décembre 2019 / Actualité / 92 / Africa-Bi1


Facture d’importation dans le secteur automobile : 33,5 milliards de dollars depuis 2010

Depuis 2010 à ce jour, l’Algérie a importé pour 33,5 milliards de dollars de véhicules et kits SKD. Le pic a été atteint en 2013 avec une facture d’importation de 7,33 milliards de dollars. Aucun pays au monde n’a dépensé autant d’argent dans l’importation de véhicules. 33 milliards de dollars, c’est le budget de 20 ans d’un pays comme la Mauritanie.Le procès de la prétendue industrie de l’automobile est ouvert. Il révélera certainement l’étendue du désastre causé à l’économie nationale. Peut-être bien plus que cela : des choix économiques n’obéissant à aucune logique et qui se sont avérés très coûteux pour la collectivité nationale. Le segment de l’automobile est un exemple catastrophique.Depuis 2010 à ce jour, l’Algérie en a importé pour 33,5 milliards de dollars. Le pic a été atteint en 2013 avec une facture d’importation de 7,33 milliards de dollars. Aucun pays au monde n’aurait dépensé autant d’argent dans l’importation de véhicules. 33 milliards de dollars, c’est le budget de 20 ans d’un pays comme la Mauritanie.Au moment où les devises provenant des exportations d’hydrocarbures sont saignées à blanc, le voisin marocain a réussi à mettre en place une véritable industrie automobile avec un taux d’intégration appréciable d’environ 40%, selon le journal OrientXXI, que Renault envisage de porter à 65%.En 12 ans, le Maroc est devenu leader de la construction automobile dans le monde arabe. Renault Tanger Méditerranée (RTM) a une capacité d’assemblage plus de 300 000 véhicules des modèles Lodgy, Sandero et Dokker destinés à l’exportation. L’usine de Tanger, qui emploie environ 8000 salariés, a pu convaincre les grands noms de la sous-traitance automobile internationale.Selon la même source, plus de 20 fournisseurs majeurs (Snop, Valeo, Takata, Sealynx, Treves, GMD, Saint-Gobain, Denso, Visteon…) ont déjà pris pied à Casablanca, Tanger et Kenitra, où l’autre groupe français, PSA, s’est lancé depuis peu dans la production de 100 000 véhicules particuliers, un chiffre qu’il prévoit de doubler en 2023. Le Maroc a pris le chemin inverse de l’Algérie avec le dixième de ce que les responsables algériens ont englouti dans le trou sans fond des importations. Et il est en train de réussir.L’Algérie vient juste de consommer l’échec. Comment a-t-on laissé faire un tel gâchis ? Ce n’est pas une simple erreur de gestion que de programmer une telle saignée de l’économie nationale. Aucune logique ne peut admettre qu’on lance en même des usines de montage d’une vingtaine de marques automobiles avec l’exigence dans le cahier de charge pour chacun d’atteindre un niveau d’intégration nationale de 15% à la troisième année et de 40% à la cinquième.Quelle supercherie ! Aucune entreprise d’assemblage n’a atteint cet objectif. L’assemblage des kits CKD et SKD s’est révélé une importation déguisée de voitures vendues à des prix inabordables pour les citoyens et dont la facture a repris à la hausse en 2018 avec 3 milliards de dollars.Les responsables de ces incroyables ratés n’avaient pas de plan pour doter le pays d’une véritable industrie, pas que dans le secteur automobile, mais aussi dans bien d’autres segments de l’économie nationale. C’est comme si l’intention était vraiment de nuire. Le projet de’industrie automobile a été un vulgaire mensonge.Selon l’ancien directeur du Nouvel Economiste et ex-rédacteur en chef de L’Express, Jean-Pierre Sereni, «le montage se révèle souvent une escroquerie pour le client qui paye plus cher le même véhicule : le modèle Sandero vendu en Algérie coûte l’équivalent de 3000 euros de plus qu’au Maroc…» Avec une facture de 33,5 milliards dollars d’importation depuis 2010, l’Algérie aurait pu faire au moins ce qu’a réalisé son voisin de l’Ouest.


source: El Watan

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