En raison de la situation politique et des affaires de corruption : Volkswagen suspend son activité en Algérie

  • 16 décembre 2019 / Actualité / 181 / Africa-Bi1


En raison de la situation politique et des affaires de corruption : Volkswagen suspend son activité en Algérie

Volkswagen a décidé de suspendre temporairement la production en Algérie. La firme allemande a justifié sa décision par la crise politique qui prévaut dans le plus grand pays d’Afrique. Le constructeur Volkswagen a décidé aussi d’interrompre les livraisons à destination de son partenaire Sovac, rapporte l’agence de presse allemande Deutschen Presse-Argenture.

La mise en détention du partenaire algérien de Volkswagen, Mourad Oulmi, depuis juin dernier, est aussi l’une des raisons principales justifiant la décision du constructeur automobile qui semble ne plus vouloir être associé à une affaire de corruption. D’ailleurs, la dépêche précise que le constructeur allemand n’avait aucune connaissance d’une quelconque enquête à l’encontre de Volkswagen AG, une manière de se démarquer de cette affaire qui risque de ternir l’image de la marque allemande. Mais plus que l’affaire de corruption touchant son partenaire local, Volkswagen met en première ligne l’instabilité politique qui obstrue toute visibilité sur l’évolution de la situation, d’où la décision de «suspension temporaire» et non pas d’arrêt définitif de ses activités en Algérie.

Ce n’est d’ailleurs pas un hasard que la décision de la firme allemande tombe au lendemain de l’élection présidentielle très contestée en Algérie. «L’Algérie traverse actuellement une profonde crise politique. Il y a eu des manifestations de masse contre les dirigeants politiques depuis février… Il y a eu une vague massive d’arrestations de militants et d’élites commerciales au cours des dernières semaines et derniers mois. Quelques jours avant l’élection, plusieurs anciens ministres ont été condamnés à de longues peines pour corruption…L’élection a été accompagnée de manifestations et d’émeutes. Les manifestants accusent l’élite au pouvoir de l’armée et le président démissionnaire Abdelaziz Bouteflika d’avoir manipulé les élections», souligne la dépêche de l’agence allemande pour décrire la situation politique en Algérie.

Pour rappel, Sovac exploitait jusqu’alors une usine de montage en partenariat avec Volkswagen depuis 2016. L’année dernière, 50 000 véhicules ont été assemblés par Sovac. En juin dernier, Mourad Oulmin, PDG de Sovac, est mis sous mandat de dépôt à l’instar d’autres représentants de marques automobiles activant en Algérie impliqués dans des affaires de corruption. En août dernier, des administrateurs publics ont été désignés pour assurer une gestion administrative des entreprises concernées par les affaires de corruption, mais l’activité de montage automobile a connu un déclin. En sus de l’incarcération des patrons des entreprises concernées par le montage automobile, les commandes ont été suspendues et les kits d’assemblage ainsi que les comptes bancaires ont été bloqués.

La ministre de l’Industrie, Djamila Tamazirt, avait reçu une délégation du constructeur Volkswagen le 7 octobre dernier et l’avait rassurée quant à la reprise effective des activités en 2020. «Madame la ministre a fait remarquer qu’après les réajustements opérés en 2019, l’activité du groupe Sovac reprendra son cours normal en 2020», avait assuré un communiqué du ministère de l’Industrie.

A noter que les affaires judiciaires entourant les hommes politiques et patrons d’entreprise ont dévoilé la grande supercherie entourant l’activité de montage automobile en Algérie. Une coquille vide servant de moyen pour la dilapidation des deniers publics sous la couverture et avec la bénédiction de hauts responsables de l’Etat. Devant le tribunal de Sidi M’hamed, l’un des patrons de Cevital, Omar Rebrab, a soutenu que Mourad Oulmi a offert une villa d’une valeur de plusieurs milliards à l’ancien ministre de l’Industrie Abdessalem Bouchouareb, en contrepartie de l’acquisition d’une autorisation pour l’exploitation de la marque Volkswagen. «Il n’y a pas du tout de montage de véhicules en Algérie, les voitures sont montées en Europe, à leur arrivée en Algérie, on démonte les pneus, les pare-chocs et quelques petites pièces qui sont remontés pour faire croire à l’existence de l’activité de montage… On ne fait pas du SKD, monsieur le juge, on fait du DKD», soutient l’ancien patron de Hyundai Algérie.

Avec cette suspension des activités de Volkswagen, il y a lieu de se demander quel sort sera réservé à l’usine de Sovac et à ses employés. Il est vrai qu’il ne s’agit que d’une suspension et non d’un arrêt complet de son partenariat avec l’Algérie, mais il reste à savoir si cette décision s’étalera dans le temps et comment et à travers qui Volkswagen renouera avec le marché algérien.  


source: El Watan

A voir aussi