Algérie : CONJONCTURE , REPENSER L’ADMINISTRATION ÉCONOMIQUE

  • 19 juillet 2017 / Actualité / 397 / Emerging Africa


Algérie : CONJONCTURE , REPENSER L’ADMINISTRATION ÉCONOMIQUE

Il est clair qu’on ne peut parler de réformes économiques sans aborder le rôle des relais en charge de l’exécution des programmes de développement, en l’occurrence, les administrations. Il est plus évident encore qu’une stratégie économique non outillée et faiblement encadrée ne peut être menée efficacement. « Malgré des améliorations récentes dans notre pays, les pratiques managériales ne sont pas satisfaisantes pour les opérateurs publics nationaux et internationaux ». Aussi, le management des institutions relève
« quasi exclusivement d’une gestion par les tâches au lieu d’une gestion par des objectifs comme c’est la pratique dans beaucoup de pays dans le monde ». Ce constat fait par des experts, à un moment où l’Etat engage la mise en œuvre d’un nouveau modèle de croissance, relance le débat sur une problématique sérieuse en rapport avec le management des grands projets. La déduction est logique, « il est nécessaire de repenser entièrement l’administration économique ». Les concepteurs de la vision économique 2030 préconisent, dans ce sillage, la mise en place, auprès du Premier ministère, d’une « cellule de réformes et de modernisation managériale » qui aura pour mission « de contribuer à la modernisation des institutions économiques et d’introduire et de généraliser les pratiques du New Public Administration (NPA) dans nos administrations ». Dans ce contexte,
« l’évaluation des politiques publiques doit être renforcée car ces dernières ne sont pas en général orientées vers le résultat ». Autrement dit, la logique recommande que les politiques publiques soient « jugées non pas sur le montant des injections financières mais sur les résultats et l’impact économique et social des mesures adoptées ». Une politique économique efficiente exige, d’autre part, une maîtrise des coûts et, par conséquent, des instruments d’évaluation efficaces. Dans cette optique, l’adaptation du programme d’investissement doit obligatoirement obéir à un nouveau cadre, soit,
« un nouveau système national d’investissement public » appelé à concourir à une « minimisation des coûts des projets », actuellement jugés,
« généralement plus élevés qu’ils ne devraient l’être, comme l’atteste le recours fréquent aux réévaluations ». Ecart entre le prix de soumission et celui fixé par les bureaux d’études, faiblesse du réseau des bureaux d’études, avenants aux cahiers des charges, non-maîtrise technique des projets due à la défaillance dans le management des entreprises de réalisation, recours à des expertises étrangères pas forcément performantes, sont autant de dysfonctionnements qui ont coûté à l’Etat des milliards de dollars, en rallonges financières. L’approche, telle que suggérée par les réformes assorties au nouveau modèle de croissance, devra également assurer
« l’optimisation des délais d’exécution qui sont aujourd’hui plus longs qu’ils ne devraient l’être, du fait d’une faible capacité d’absorption», et garantir, par la même occasion, « la maximisation de l’impact de l’investissement public sur la croissance économique et le développement social ». Les clés de la performance économique résident ainsi dans la maîtrise des outils du management moderne, des instruments de l’évaluation ainsi que des mécanismes de contrôle et de suivi technique des projets, en somme, dans une administration économique performante et apte à accompagner le processus du développement.
D. Akila


source: EL MOUDJAHID

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