Conjoncture : Efficience et rentabilité

  • 02 août 2017 / Actualité / 13 / Emerging Africa


Conjoncture : Efficience et rentabilité

L’Algérie ne compte pas recourir à l’endettement extérieur pour faire face à ses engagements budgétaires et financer son économie, en dépit de la contraction de ses recettes pétrolières. Ce choix retenu par les autorités du pays laisse conclure que l’option va désormais aux ressources internes, notamment l’épargne institutionnelle. Une orientation qui reste conditionnée par une préservation et une utilisation rationnelle des cette ressource, ce qui devrait conduire à une priorisation des investissements et une qualification de l’instrument de gestion, à savoir l’administration. Le Premier ministre vient de réaffirmer que «l’État dispose de moyens matériels lui permettant de continuer à financer les projets de développement prioritaires», et de «poursuivre les programmes d’investissement public», mais sur une base «plus rationnelle», et en misant sur les PME. Le Premier ministre a affirmé, dans ce sens, que «le moment est venu de procéder à une évaluation des efforts consentis, d’autant que les investissements publics accaparaient près d’un tiers du PIB, ce qui est énorme», devait-il admettre. Par conséquent, il s’agira d’orienter l’effort sur l’amélioration de l’efficience de l’investissement public, de concourir à la diversification des sources de financement des équipements et à l’émergence du partenariat public/privé. Dans le sillage de cette démarche, le nouveau modèle de croissance ne peut se soustraire à certains préalables, notamment la mise en place d’un véritable système national d’investissement dans les équipements publics, la poursuite de la réforme du système bancaire et  le développement d’un marché des capitaux susceptible de garantir les disponibilités en ressources alternatives au financement classique. L’évaluation des politiques publiques doit impérativement  être consolidée,  d’autant plus que «ces dernières ne sont pas en général orientées vers le résultat», souligne le document portant nouveau modèle de croissance. Et de reconnaître que «le management des institutions est également quasi exclusivement une gestion par les tâches au lieu d’une gestion par des objectifs, comme c’est la pratique dans beaucoup de pays dans le monde». Des aveux qui renseignent sur un état de fait qui n’a plus lieu d’être. L’autre constat est que «les avantages fiscaux accordés par l’État à une activité privée ne se justifient que pour autant que cette activité génère des externalités positives pour l’économie ou la société. Dans le cas contraire, ils se résolvent en rentes pour les bénéficiaires». Des raisons qui justifient ce besoin, voire cette nécessité que les politiques publiques soient désormais évaluées et  jugées sur la base des résultats et l’impact économique et social généré, et non plus par rapport au montant des affectations financières.
D. Akila
 


source: EL MOUDJAHID

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