Conjoncture : Commerce informel, quel mode d’emploi ?

  • 28 août 2017 / Actualité / 538 / Emerging Africa


Conjoncture : Commerce informel, quel mode d’emploi ?

Généralement motivé par des besoins sociaux, un moyen de subsistance pour des milliers de familles, le phénomène du commerce informel, ou encore la petite production marchande, concept utilisé par certains experts, a fini par s’imposer dans la sphère économique nationale. Selon des statistiques, toujours en vigueur, notent les responsables de l’ONS, le commerce et les services sont les secteurs les plus touchés avec un taux de 45,3% de l’activité économique informelle globale. Conscients du poids et de l’impact de cette activité exercée hors du circuit officiel, donc qui échappe au contrôle du fisc, les pouvoirs publics ont mis en place, ces dernières années, une série de mesures destinées à inciter les commerçants informels à intégrer le marché et à se conformer à la réglementation sur la base de facilités, notamment en ce qui concerne l’impôt. Dans cette optique, la loi modifiant et complétant la loi 04-08 du 14 août 2004, relative aux conditions d’exercice des activités commerciales, devait répondre au souci d’adaptation du secteur aux objectifs de régulation du marché. Néanmoins, la sensibilité du terrain et les difficultés économiques ont fait que l’éradication de l’informel n’a pas eu lieu. L’activité qui est pratiquée hors normes et dans des conditions d’hygiènes parfois déplorables, a pris de l’ampleur. Pain et autres produits alimentaires hautement périssables sont exposés à même le sol avec tout ce que cela suppose comme conséquences sur la santé, sans omettre les pratiques spéculatives qui en découlent dans le sens où l’activité reste difficile à cerner. Aussi, il ne s’agit pas de répression contre une activité qui reste vitale pour des pans entiers de la société et qui, de surcroît, constitue une forte réserve de ressources que l’Etat gagnerait à bancariser dans cette phase difficile, mais plutôt, de cadrer son fonctionnement conformément aux lois de la République. Cette nécessité de réglementer les marchés informels est aujourd’hui plus qu’indispensable étant une condition préalable à la transparence des opérations commerciales. Le Président de la République avait dans ce sens instruit le gouvernement de la nécessité d’alléger les formalités et procédures destinées au transfert des commerçants activant dans l’informel vers des sites aménagés, sur la base d’une concertation élargie aux associations représentatives du secteur du commerce. Notons que le défunt Bakhti Belaïb, qui occupait le poste de ministre du Commerce, avait transmis au Chef de l’Etat un rapport sur le marché informel reprenant l’ensemble des mesures initiées par le gouvernement dans le cadre de l’éradication de ce phénomène. Un document devant servir de référence aux actions à entreprendre pour améliorer l’action des pouvoirs publics et trouver les solutions les plus adaptées à cette problématique. « Il ne suffit pas de crier sur les toits que cette sphère ne paye pas les impôts. Il faut expliquer les raisons de son existence et de son extension et surtout les actions à mener pour son intégration », a écrit l’expert en économie Abderrahmane Mebtoul. Des propos qui dénotent de la profondeur de la question et de la nécessité d’aborder le phénomène de l’informel sous tous ses aspects, notamment social, dès lors qu’il s’agit d’un gisement de milliers d’emplois, et par conséquent, d’un apport non négligeable pour un nombre non négligeable de familles.
    D. Akila


source: el moudjahid

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