ALGERIE:ZONES D’EXPANSION TOURISTIQUE À JIJEL Un fiasco !



ALGERIE:ZONES D’EXPANSION TOURISTIQUE À JIJEL Un fiasco !

Entourées d’un silence qui ne dit pas son nom, et à l’image de nombreux autres dossiers d’investissement qui n’avancent pas, elles ne sont plus que des maquettes à dépoussiérer.

De l’avis même d’initiés très au fait de ces dossiers, la situation dans ce domaine est une complexité extrême. À la direction du tourisme et de l’artisanat, et en absence du directeur parti en congé, on préfère ne pas s’avancer sur ce dossier “sensible et compliqué” à plus d’un égard. Sensible parce qu’on ne cesse de discourir sur ses projets touristiques pour tout le littoral de la wilaya de Jijel sans que le moindre bout de ces projections ne voit le jour. Dans ce domaine, le fiasco est total, serions-nous tentés de dire, même si cet échec est admis à tous les niveaux.

Ceci dit, si l’on soutient que ces ZET sont l’avenir du tourisme balnéaire à Jijel, sur le terrain de la réalité, le blocage reste total. D’abord par l’absence d’indices de déblocage de cette situation, qui dure depuis que ce dossier est ouvert, il y a de longues années. Pour certaines ZET approuvées à l’échelle locale, on ne fait que rappeler que leur dossier est au niveau du ministère pour approbation. C’est le cas de la ZET de Dar El-Oued, à Ziama Mansouriah.

“Le plan d’aménagement a été approuvé par l’APC et l’APW, mais les services des forêts ont manifesté leur opposition à son égard”, précise-le P/APC. Voilà ce qui résume la situation de ces ZET, dont les départements concernés manquent visiblement d’une stratégie ou de volonté pour leur relancer et en faire des projets à même de développer le tourisme à l’échelle locale.

Dans les communes concernées par la réalisation de ces ZET, c’est pratiquement le même son de cloche qui rappelle que ces projets ne connaissent aucune évolution notable. Certaines de ces ZET ont été bloquées par l’avancée du béton et d’autres sont confrontées à des aléas qui ne leurs donnent aucune possibilité d’émerger.

À telle enseigne d’ailleurs que dans ces APC, on semble perdre d’enthousiasme pour ces projets. De prime abord, ces ZET n’ont d’ailleurs jamais dépassé le stade de leurs modèles et voilà qu’elles tombent dans l’oubli. Leur histoire est intimement liée à ces maquettes qu’on continue d’exposer, telles des pièces de musée, dans les bureaux d’archives des APC ou de la direction du tourisme. 

Depuis que le secteur touristique a été inscrit dans l’ordre des priorités du développement local, à Jijel, aucun projet de ce genre n’a vu le jour. Hormis quelques hôtels non classés, réalisés sur le compte d’investisseurs privés, contribuant à une légère augmentation des capacités d’accueil dans ce domaine, le secteur touristique reste en panne de projets.

D’imagination aussi. Et pourtant de multiples annonces ont été faites par le passé sur l’arrivée d’investisseurs étrangers, des Saoudiens et des Émiratis, pour investir sur les côtes jijeliennes. Pour les ZET, et de l’avis d’initiés, il faut attendre pour les voir se concrétiser si encore leur sort n’est pas définitivement compromis. Selon les données disponibles, ces ZET étaient au départ au nombre de 19 avant d’être réduites à 11.

L’empiétement du béton dans leurs espaces a poussé à l’annulation de 8 d’entre elles. Et des 11 qui restent, aucune n’a vu le jour. Dans le sillage de cet empiétement du béton, de vastes espaces retenus pour l’implantation de ces ZET ont été détournés de leur vocation, et la situation ne s’arrange pas encore.

Créées en vertu du décret 88/332 en date du 5 novembre 1988, portant déclaration des zones d’expansion touristique, ces espaces devaient s’étendre sur plus de 4000 ha à travers les communes côtières de la wilaya de Jijel. La plus grandes de ces zones est située à Oued Z’hor, dans la commune d’El-Milia, dans une bande côtière totalement délaissée qui reste encore à désenclaver. 

Aux prises avec des constructions illicites qui l’ont envahie, la ZET de Khiri Oued Adjoul, la deuxième plus grande à l’échelle de la wilaya, est, elle aussi, dans un état d’abandon qui en dit long sur le sort réservé à ces projets. Ainsi va le dossier de l’investissement touristique qui continue de meubler les débats à chaque session de l’APW et de nourrir les espoirs de quelques irréductibles qui croient à l’émergence d’un tourisme balnéaire à Jijel.
 


source: liberte

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