Algérie : Politique de la monnaie et du crédit, les limites d’un système

  • 06 septembre 2017 / Actualité / 406 / Emerging Africa


Algérie : Politique de la monnaie et du crédit, les limites d’un système

Le Premier ministre a fait part, lundi, d’un projet de décret portant sur « la politique de la monnaie  et du crédit ». Il s’agit, expliquera M. Ahmed Ouyahia, d’une démarche visant à ouvrir la voie au financement non conventionnel dans un contexte marqué par une faiblesse des ressources de l’Etat.

L’initiative se justifie, dans ce cas, par le fait que, la politique monétaire intervient dans la stabilité des prix, la stimulation de la croissance économique, le soutien à l’emploi et dans l’équilibre de la balance des paiements en plus de son apport sur le plan social. En définitive, cet instrument a un rôle central dans ce qui est communément appelée l'inclusion financière. Une démarche qui s’évalue justement à travers «la disponibilité en termes de l’offre des services financiers et par leurs utilisations en termes de demande», est-il spécifié. Aussi, les banques centrales ont un rôle essentiel dans «la consolidation de l'inclusion financière à travers la facilitation des transactions bancaires sous toutes ses formes, et à surmonter les obstacles de l’offre et de la demande pour assurer l'accès des services financiers à ses utilisateurs, œuvrer pour l’entrée des canaux informels dans la légalité en les soumettant à leur contrôle et à leur supervision, œuvrer à promouvoir la création et le développement de canaux alternatifs aux services financiers conventionnels», précise un document de la Banque d’Algérie.
Des préalables d’ailleurs requis par le nouveau modèle de croissance qui recommande dans ce sens, la poursuite de la réforme du système bancaire et le développement d’un marché des capitaux apte à prendre le relais du financement classique, ou du moins le renforcer et, à assurer les disponibilités en ressources alternatives au financement classique. En fait, les contraintes rencontrées par le système bancaire dans la prise en charge du financement de l’économie relève de la nature  de la spécificité de sa fonction d’intermédiation notamment pour le cas de notre pays où se sont les banques qui supportent la quasi-totalité des financements. Dans cette optique, les experts plaident la nécessité de traiter la problématique du financement dans une démarche globale, à savoir, celle de la croissance économique avec tout ce qu’elle suppose comme exigences. Par conséquent, l’initiative annoncée par le Premier ministre serait motivée par le souci de permettre la mobilisation, par le système bancaire, de nouvelles ressources pour la prise en charge des besoins de développement.
La conjoncture actuelle exige, en effet, que les banques s’engagent dans l’effort de croissance. L’Algérie qui ne compte pas aller à l’endettement extérieur, du moins dans cette phase, pour faire face à ses engagements, compte ainsi privilégier l’option de la ressource interne, en l’occurrence l’épargne institutionnelle. Une orientation justifiée par cette obligation de préserver la souveraineté nationale et d’éviter d’hypothéquer l’avenir du pays.  

D. Akila


source: el moudjahid

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