Algérie : Perspectives économiques attendues de la prochaine Tripartite : Son report permettra de "mieux se préparer"

  • 30 août 2017 / Actualité / 342 / Emerging Africa


Algérie : Perspectives économiques attendues de la prochaine Tripartite : Son report permettra de "mieux se préparer"

Le Premier ministre, M. Ahmed Ouyahia, avait indiqué, à l'issue de la rencontre tripartite ayant regroupé, sous sa présidence, des membres du gouvernement, le SG de l'UGTA et les présidents de neuf (9) organisations patronales que le report de la tripartite "officielle", prévue initialement pour le 23 septembre prochain à Ghardaïa, en raison de "l'agenda du gouvernement" et pour permettre aux partenaires de "mieux se préparer". 
En attendant donc la tenue de cette Tripartite, il serait intéressant de tenter d'indiquer les perspectives attendues de celle-ci.
Des déclarations des partenaires socio-économiques, indiquent les grandes lignes et l'environnement attendu pour la réalisation de l'objectif premier déterminé par le président de la République lui-même à savoir " ne plus dépendre des hydrocarbures et surtout diversifier l'économie nationale… ".
D'ailleurs, le Pacte économique et social de croissance avait été signé le 23 février 2014 lors de la 16ème tripartite à Alger, avec pour objectifs essentiels l'accélération des réformes économiques, du développement des systèmes sociaux et l'encouragement de l'accès au travail.
Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, a relevé lors de cette réunion qu'elle faisait suite à "la récente interpellation du président de la République au gouvernement et à ses partenaires économiques et sociaux pour qu'ils donnent un exemple à la société en vue d'un élan de solidarité, de mobilisation et d'unité, afin que l'Algérie relève le défi de la crise financière et qu'elle poursuive le processus de développement qu'elle a entamé il y a près de deux décennies".
Au cours de la dernière réunion Tripartie, le 24 septembre dernier, les partenaires socio-économiques ont déclaré que " C'est un devoir de participer activement à cet effort national, qui consiste à sortir notre économie de sa dépendance des hydrocarbures", avant de rappeler que le président Bouteflika "nous exhorte à nous imprégner des valeurs de solidarité et d'unité que véhicule le combat libérateur du pays pour bâtir une économie forte et créatrice de richesses et d'emplois". L'objectif étant, ont-ils expliqué, de "relever" les défis économiques et sociaux contenus dans le programme du chef de l'Etat, rappelant que l'appel lancé par le Président Bouteflika, à l'adresse du gouvernement et de ses partenaires sociaux et économiques "doit constituer, pour l'ensemble des acteurs, le socle d'un sursaut national pour le renouveau économique".
De son côté, le Premier ministre a estimé que "l'Algérie avait clos depuis 30 ans déjà le débat idéologique autour de la nature de son économie, une économie de marché à dimension sociale". "Donc, le vrai défi réside dans l'amélioration de cette économie pour le bien-être du peuple algérien et pour préserver l'indépendance économique du pays", a expliqué M. Ouyahia
Il faut donc s'attendre au soutien de l'Etat à toutes les entreprises établies en Algérie que le Premier ministre n'a pas hésité à qualifier de "leviers du développement du pays". Ils bénéficieront, disait-il, de facilitations et de soutiens "sans aucune discrimination".
"Nous avons informé nos partenaires sur les difficultés financières que traverse le pays et nous leur avons présenté la démarche du Gouvernement, dictée par les orientations du président de la République, pour faire face à ces défis", a-t-il dit à la presse.
D'aucuns sont d'accord pour le redressement de l'économie nationale sur une trajectoire qui vise à faire sortir le pays du phénomène de l'importation.
Il faut donc mettre fin, bien évidemment, progressivement, à l'importation" dans la perspective de faciliter l'industrialisation du pays.
Et pour ce faire, il est d'importance capitale de "produire national" et de "consommer national". Ce qui constitue un "défi majeur" pour les partenaires socio-économiques.
Encore faut-il aussi bannir cet " outil " de blocage qui est la bureaucratie. L'Exécutif est donc bien appelé à accélérer la "débureaucratisation" de l'économie nationale et la restitution de l'initiative et de la décision à l'entreprise et à son manager. "Le tutorat doit accompagner et non se substituer à l'entreprise. Il faut impérativement rétablir la confiance avec les acteurs de l'activité économique", avait fait remarquer le SG de l'UGTA, M. Sidi Saïd.
De plus, il ne faut pas non plus oublier les investissements. Et dans ce contexte, le gouvernement annonce qu'il "ne ménagera aucun effort" pour améliorer le cadre de l'investissement et cultiver des relations sereines avec les entreprises.
Le Premier ministre, Ahmed Ouyahia, n'a-t-il pas informé les participants "des tensions financières auxquelles fait face le pays, ainsi que de la feuille de route qui lui a été tracée par le président de la République, et ce, notamment pour mobiliser des financements internes non conventionnels, maintenir le soutien à la croissance dans tous les secteurs, y compris l'industrie, les services et l'agriculture, préserver et rationaliser la politique publique de justice sociale et de solidarité nationale".
Pour leur part, l'UGTA et les organisations économiques présentes à cette rencontre ont réitéré leur "adhésion et leur soutien à la démarche du président de la République" et assuré le gouvernement de leur "pleine disponibilité à concourir aux efforts du pays pour la poursuite de la dynamisation de la croissance et la préservation de sa souveraineté économique nationale". 
Les dernières décisions du Premier ministre ? Ahmed Ouyahia, d'abroger les deux décrets, celui relatif à la création d'une inspection générale auprès du Premier ministre, et le second ayant trait aux modalités d'application des régimes de licence d'importation ou d'exportation des produits et marchandises, sont les premiers signes de l'application des directives du président de la République. Et dans ce même ordre d'idées, et en vertu des modifications introduites par le décret exécutif du 22 août en cours, les licences d'importations seront octroyées par le ministre du Commerce, sur proposition du Comité interministériel permanent, après accord du Premier ministre. Un signe fort de la détermination du Premier ministre de libérer véritablement les initiatives avec comme principale base : que chacun assume ses responsabilités...
 


source: LE MAGHREB

A voir aussi