Algérie-Les travailleurs des fermes pilotes reviennent à la charge et disent non au partenariat public-privé



Algérie-Les travailleurs des fermes pilotes reviennent à la charge et disent non au partenariat public-privé

Encore une fois, des dizaines de travailleurs issus des fermes pilotes de la wilaya sont revenus à la charge mais, cette fois-ci, en organisant un sit-in devant le siège de la Direction des services agricoles, et ce, pour interpeller le directeur de wilaya et lui transmettre leur message de refus de ce partenariat. 
Selon les travailleurs que nous avons rencontrés sur place, leur action se poursuivra jusqu'à ce que leur cri soit entendu par le président de la République, seul à même de pouvoir répondre favorablement à leur appel avec l'annulation complète de ce partenariat que le gouvernement a décidé. Selon les présents, ce partenariat, s'il venait à être appliqué, signerait la fin de leur emploi alors que beaucoup de travailleurs sont là au niveau de ces fermes depuis des générations, et le travail de la terre leur est transmis de père en fils comme un legs sacré. «Nous ne pourrons imaginer un seul instant notre existence en dehors de ces fermes et le travail de la terre», disent-ils presque en chœur avant qu'un autre, qui semble au courant des clauses des contrats de partenariat public-privé qui stipulent dans l'un des articles, l'obligation au privé de garder tous les travailleurs qui sont sur place et de créer d'autres emplois, n'ajoute : «Comment voulez-vous que je me taise face à ce partenariat qui ouvrira grandes les portes pour des gens étrangers qui vont nous jeter à la rue, au plus tard dans cinq ans.» En effet, selon ces travailleurs qui sont très bien informés et qui connaissent les tergiversations de l'Etat et la mentalité de ces nouveaux prétendants au partenariat, «ces clauses ont une durée de validité de cinq ans, et au-delà de cette période, le partenaire privé qui aura des parts de 66% du capital aura toute latitude de libérer qui il voudra et de garder qui il voudra. Et sachant la mécanisation et les moyens technologiques existants actuellement, il ne sera pas étonnant de voir, dans un futur proche, ces partenaires privés se passer carrément de l'homme». Rappelons que les dizaines de travailleurs venus des fermes pilotes de la wilaya, depuis El-Esnam, El-Hachimia, Khabouzia et Bir-Ghbalou, n'ont pas vu le directeur des services agricoles mais celui-ci leur a donné rendez-vous pour dimanche prochain. Cela étant, il est utile de rappeler qu'une action similaire a été menée au mois de mai dernier au niveau de la ferme Boucheraïne d'El-Esnam. A cette époque déjà, le DG de la ferme pilote, Akli Feradji, que nous avons rencontré sur place, nous dira que le partenariat public-privé est une très bonne chose pour les fermes pilotes au niveau national, puisque elles sont pour la plupart sous-exploitées et le privé qui entrera en partenariat à hauteur de 66% du capital ramènera avec lui des moyens et du savoir technologique qui permettront une augmentation du rendement au niveau de ces fermes pilotes et la création de milliers de nouveaux emplois. Cela outre les emplois déjà existants et dont les clauses stipulent que les nouveaux patrons de ces fermes pilotes sont obligés de les garder sur place avec tous les privilèges dont ils jouissent jusqu'à présent. Autant dire que les appréhensions des travailleurs quant à l'intention de l'Etat de brader ces fermes pilotes et de les céder aux «gens qui n'ont rien à voir avec l'agriculture » sont totalement fausses puisque les candidats à ce partenariat doivent avoir comme première condition un engagement solennel à garder la vocation de ces fermes agricoles, en investissant dans le domaine agricole et agroalimentaire.
Y. Y.


source: Le Soir d'Algérie

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