Algérie : Les cités interdites el eulma, hamiz, tadjenant, soummam,etc... échappent au contrôle fiscal

  • 10 septembre 2017 / Actualité / 411 / Emerging Africa


Algérie : Les cités interdites  el eulma, hamiz, tadjenant, soummam,etc... échappent au  contrôle fiscal

Le marché informel échappe à tout contrôle fiscal
La majorité des commerçants de ces marchés où se brassent des quantités considérables de marchandises et des sommes faramineuses, ne paye pas ou peu d ́impôts. La règle qui règne en maître, c'est celle du «HT»...
Si vous ne voulez pas payer d'impôts, devenez...commerçant! Ce n'est pas une blague, mais c'est la spécificité de la paradoxale économie algérienne, qui est à plus de 50% informelle. Alors que la pression fiscale est de plus en plus intolérable pour les petits contribuables, des «no man's land» fiscaux existent à travers le pays. Ils sont connus de tous, et activent en toute liberté. Le plus connu d'entre eux et qui est considéré comme la plaque tournante du business informel est, comme vous avez dû le reconnaître, le marché de Tadjenanet. On trouve de tout dans le marché de la petite ville de l'Est de l'Algérie. La légende populaire dit que même les armes y sont vendues...C'est la Mecque des trabendistes, les revendeurs informels y viennent de tous le pays pour y faire leurs emplettes. Bien entendu, la grande majorité des transactions se font sans factures. C'est pratiquement le même constat au niveau du marché Dubai d'El Eulma, toujours à l'est du pays. Ce pôle régional qui, ces dernières années, a volé la vedette à Tadjenanet est une véritable caverne d'Ali Baba. On y trouve de tout, à des prix défiant toute concurrence, du fait que la majorité des marchandises y vendues sans factures. On parle de 40 000 milliards de centimes qui transiteraient chaque année dans ce lieu qui accueille plus de 10 000 visiteurs/jours. Les services de contrôle des impôts tentent des opérations coup de poing, mais malgré leur caractère inopiné, ces visites provoquent, des «baissers» de rideaux intempestifs. Les commerçants informés par leurs «taupes» ferment leurs portes, le temps que l'ouragan passe...Souvent les habitués de ce «bazar» remarquent qu'un jour de semaine sans crier gare, aucun des magasins n'est ouvert. Eh bien, c'est tout simplement jour de passage des...contrôleurs des impôts. Chose qui n'est pas exceptionnelle à El Eulma, vu que le même constat est fait au niveau de la république d'El Hamiz. Les quelque 800 commerçants de ce royaume de l'électroménager s'offrent également de temps à autre une journée de repos «fiscal». Un véritable tour de magie auquel a eu la «chance» d'assister certains clients toujours ahuris!
Des boutiques qui ferment les jours de contrôle...
Une centaine de magasins qui en quelque minutes ferment tous d'un seul coup, et des agents des impôts qui se retrouvent en face de grands portails fermés à double tour, comme si ce quartier marchand d'El Hamiz n'avait jamais existé...Et pourtant, les transactions qui s'y font se chiffrent en millions d'euros. Mais tout se fait dans l'informel! Au Hamiz, il ne faut surtout pas s'attendre à recevoir la facture d'un produit. Toutes les marques mondiales d'appareils électroménagers y sont vendues mais en... hors taxes (HT). C'est la règle là-bas. Personne ne demande la facture, aucune taxe n'est payée, tout le monde est content, sauf le Trésor public quoi que... La règle du «HT» est aussi valable à Médina J'dida, la «ville nouvelle», est un marché de détail situé dans le centre-ville d'Oran qui s'adresse à des consommateurs issus des classes populaires et des petites classes moyennes. Des produits cosmétiques aux poussettes, en passant par les meubles de maison et des jouets pour enfants, on y trouve de tout et à des prix imbattables. La majorité des commerçants de ce marché, où se brassent des quantités considérables de marchandises et des sommes faramineuses, ne paye pas ou peu d ́impôts. En effet, ces commerçants qui achètent leurs marchandises sans facturation sont obligés de la revendre sans facturation également. C'est l'excuse officielle que tout le monde donne dans ce cercle «vicieux» où l'omerta règne en maître.
Un marché de plus de un milliard de dollars
A la cité Soummam de Bab Ezzouar, qui est le paradis de la pièce détachée, en plus de l'excuse classique de «tout le monde achète sans facture», les islamistes qui tiennent d'une main de fer ce marché estiment que le paiement des impôts est «haram», et qu'ils payent déjà la «zakat»... Mais là on parle d'un marché estimé, par les spécialistes à plus d'un milliard de dollars par an! Vous vous rendez compte le manque à gagner énorme que subit le Trésor public! Quand vous vous rendez dans cette petite cité d'un quartier de la banlieue est d'Alger, vous trouvez tout ce qui peut exister comme pièce automobile. Vous pouvez fabriquer vous-mêmes votre voiture, qui plus est en choisissant la qualité: origine, imitation 1er choix, contrefaçon. C'est dire l'ampleur des transactions qui se font. Les magasins eux ont quelques petites bricoles exposées, quand vous payez la facture qui est en fait un bon d'achat, on vous envoie dans l' «underground» de cette cité, ce sont des carcasses de maisons qui servent de dépôts. Grâce à ces maisons sans accès, où les pièces détachées sont livrées à l'aide de poulies, ils échappent à tout contrôle du fisc! Ce n'est que de petits exemples sur cette fraude fiscale qui se fait à grande échelle sous le nez et la barbe des autorités. En parallèle, les travailleurs et les petits commerçants payent des sommes faramineuses d'impôts. Pis encore, ceux qui ont eu la mauvaise idée d'être honnêtes et de payer leurs impôts se retrouvent chaque année avec un redressement fiscal pendant que les grossistes et les importateurs au chiffre d'affaires élevé sont...protégés. On prend à titre d'exemple le salaire moyen d'un fonctionnaire, c'est-à-dire 50.000 dinars net/mois. Son salaire brut est en fait de 68.000 dinars. Il paye donc chaque mois 5800 dinars à la sécurité sociale et tenez-vous bien 12.200 dinars d'IRG, qui sont prélevés directement à la source. Pendant ce temps-là, les «enfants gâtés de la République» qui engrangent des milliards ne payent peut-être même pas cette somme. Il est temps de mettre fin à cette mascarade qui a trop duré, il en va de la survie de l'Etat...
 


source: l'expression

A voir aussi