Algérie : Les 11 secteurs que cible Ouyahia pour relancer la machine Economique

  • 10 septembre 2017 / Actualité / 827 / Emerging Africa


Algérie : Les 11 secteurs que cible Ouyahia  pour relancer la machine Economique

L'Exécutif a ainsi placé en tête des priorités l'électronique, le numérique, les industries agroalimentaires, l'automobile, suivis du ciment, de l'industrie pharmaceutique, du tourisme, de l'aval des hydrocarbures et des ressources minières. 
Le plan d'action du gouvernement qui vient d'être rendu public annonce l'adoption d'un «nouveau modèle de croissance» pour sortir le pays de la situation difficile qu'il traverse.
Cette stratégie s'appuiera sur «l'investissement productif, notamment dans les secteurs où le pays dispose déjà d'une base ou d'avantages comparatifs». Il s'agit de 11 domaines qui ont démontré leur performance ces dernières années et d'autres qui recèlent un potentiel capable d'évoluer rapidement en activités compétitives.
L'Exécutif a ainsi placé en tête des priorités l'électronique, le numérique, les industries agroalimentaires, l'automobile, suivis du ciment, de l'industrie pharmaceutique, du tourisme, de l'aval des hydrocarbures et des ressources minières. Il entend également promouvoir les énergies renouvelables et les énergies fossiles non conventionnelles, autrement dit le gaz de schiste.
Ce redéploiement se veut décentralisé et se fera grâce à une carte territoriale des investissements «réalisée avec la contribution des wilayas et avec le concours des associations patronales ainsi que des Chambres nationale et régionales de commerce et d'industrie». Il bénéficiera de l'instauration de 50 nouvelles zones industrielles dans 39 wilayas qui seront graduellement livrées. L'enjeu consiste évidemment à sortir de la mono-exportation des hydrocarbures par la diversification des revenus internationaux de l'Algérie et la réduction de sa facture des importations.
Dans cette optique, il est prévu la révision du statut de la Compagnie algérienne d'assurance et de garantie des exportations et la mise en place d'un Conseil national consultatif pour la promotion des exportations.
En revanche, une «pause» sera observée «dans la réalisation des nouvelles grandes infrastructures» pour permettre l'amélioration et «l'entretien des infrastructures déjà réalisées, y compris l'autoroute Est-Ouest.» Le même effort sera également consenti en direction des réseaux routiers à l'intérieur des wilayas et des communes.
Par ailleurs, le gouvernement reconnaît avec une étonnante franchise que la nouvelle orientation a été choisie sous la contrainte de «la chute drastique des prix des hydrocarbures sur le marché international» qui s'est traduite par «un recul de plus de 50% des revenus extérieurs du pays ainsi que des recettes fiscales de l'Etat».
Résultat: durant les trois dernières années le programme d'investissements a sensiblement ralenti «passant de près de 3500 milliards de DA en 2015 à près de 1900 milliards de DA en 2016 et près de 1400 milliards de DA en 2017.» Une baisse qui s'est aggravée par «une accumulation des créances en souffrance, chez plusieurs opérateurs, économiques sur les différents démembrements de l'Etat».
Toutefois, le texte retient que, «durant près de deux décennies successives, une dynamique intense a été imprimée au développement national, grâce à des programmes d'investissements publics massifs mobilisés par l'Etat». De 2000 à 2014, «l'équivalent de 400 milliards de dollars» ont été injectés dans l'économie. Cette enveloppe a, entre autres, permis «la construction de 37 nouveaux barrages, plus de 22.000 kilomètres de nouveaux réseaux routiers, plus de 1100 kilomètres de liaisons autoroutières et près de 3400 kilomètres de rocades et voies express. A cela s'ajoutent «2200 kilomètres de voies ferrées nouvelles, ainsi que la modernisation ou l'aménagement de dizaines d'aéroports et de ports».
Par ailleurs, «l'Algérie a déjà réalisé, entre 2000 et 2017, près de 3,6 millions de logements livrés» et un million d'autres sont en cours d'achèvement. Elle a en outre construit 101 nouveaux hôpitaux, ce qui porte leur total à 331, (...) 1 235 polycliniques, dont le parc total est de 1 732 structures à travers le pays».
Comme la conjoncture économique demeurera tendue pendant les prochaines années puisque les prix du pétrole et du gaz ne remonteront pas sauf miracle, le gouvernement vient d'opter pour un «financement non conventionnel» de l'économie et de la dépense publique. Cette technique introduite au Japon dans les années 1990 a inspiré d'autres pays. «Face à la crise financière mondiale apparue en 2007, ce mode de financement a été repris aux Etats-Unis, puis au Royaume-Uni.» C'est ce qui a motivé l'Etat à autoriser la Banque d'Algérie à agir de façon similaire pour éponger le déficit du Trésor et soulager le fardeau des banques commerciales et universelles.
La période qui s'ouvre impose, cela dit, un assainissement en profondeur du climat des affaires. Selon l'aveu du gouvernement, les hydrocarbures resteront durant longtemps sa ressource principale. Et pour sortir de cette ornière, il n'y a pas d'autre moyen que de varier la production des richesses. Pour atteindre cet objectif, le premier ennemi à combattre est sans contredit la pesante bureaucratie qui sévit en Algérie. Mais là-aussi, le gouvernement promet d'assouplir les règles du jeu et de dynamiser l'activité.
Parmi les mesures à retenir, le développement du self-service électronique au niveau des administrations publiques ainsi que la généralisation de la certification électronique. Il y a aussi «la décentralisation des procédures et des autorisations liées à l'investissement» qui seront désormais prises en charge par les wilayas.
Pour lutter contre le chômage et étoffer le tissu des PME, «l'Ansej financera un minimum de 23.000 projets pour chacun des exercices 2018 et 2019 avec un impact de création de près de 150.000 emplois par année.
Pour la Cnac, il s'agira d'accompagner le lancement de plus de 30.000 projets sur la période 2018-2019 avec la création de près de 80.000 emplois».
 


source: l'expression

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