Algérie-Lancement des soldes d’hiver : Une formule en mal de régulation



Algérie-Lancement des soldes d’hiver : Une formule en mal de régulation

Réglementée depuis 2006, la période des soldes se veut principalement une aubaine pour le commerçant afin de faire la promotion de ses produits dans un cadre concurrentiel loyal, à travers des réductions de prix attrayantes proposées aux clients.

Officiellement, les soldes d’hiver ont débuté avant-hier à Alger et dans plusieurs wilayas du pays. Les magasins de prêt-à-porter, de cosmétiques et de maroquinerie affichent tous des réductions allant de 20%, 50% jusqu’à 70%. Mais réellement, y a-t-il de véritables promotions, notamment en cette période crise ?

Réglementée depuis 2006, la période des soldes se veut principalement une aubaine pour le commerçant afin de faire la promotion de ses produits dans un cadre concurrentiel loyal, à travers des réductions de prix attrayantes proposées aux clients. En plus de dynamiser le marché, ces ventes sont censées permettre aux consommateurs de faire le plein d’achat à des prix très réduits.

Est-ce la réalité ? Le commun des consommateurs s’entend à dire que c’est la période de la grande arnaque. «Le solde des chiffons. Vous cachez le meilleur de vos articles et vous ne laissez que ceux qui ne se vendent pas pendant l’année. Voilà les soldes en Algérie», s’insurge une internaute sur la page du centre commercial de Bab Ezzouar.

Ouafia, fonctionnaire, raconte dans un autre post sa mésaventure. «J’ai eu la maladresse cette année de ne pas faire les boutiques avant le début de cette période dite de  »grandes occasions ». Je me suis retrouvée à acheter des bottines pour presque le double de leur prix. Au lieu de payer seulement 2500 DA, j’ai déboursé 4500 DA. Je ne m’en suis rendu compte que lorsque j’ai vu la même paire véritablement soldée à 2000 DA dans une autre boutique à Bab Ezzouar.

Le pire est que la boutique d’où j’ai acheté ma paire avait bien mentionné  »prix soldé » avec un joli -25%», se désole-t-elle. D’après Hakim, un gérant de magasin de vêtements à la rue Didouche Mourad, ce genre de commentaires témoigne de la perte de confiance entre le client et le commerçant. Toutefois, il estime qu’il y a un véritable déséquilibre entre le négatif et le positif. «Pendant plusieurs années, ce ne sont que les mauvaises affaires qui sont médiatisées.

De plus avec la crise économique, les Algériens n’achètent pas ou plus. Cette année, nous ressentons vraiment le poids de cette crise. Ce genre de réactions de la part de clients n’arrangent pas les choses», ajoute-t-il. D’après lui, les rushs constatés un peu partout dans la capitale ne sont pas significatifs de ventes spectaculaires.

De la bonne affaire et des anomalies

Pour les fashionistas, les bonnes affaires sont toujours possibles. Toutefois, une opération de repérage est obligatoire pour éviter les mauvaises surprises. «Certes, les produits disponibles sur le marché sont presque les mêmes, mais il est toujours possible de trouver de belles occasions. Il faut juste être attentive aux nouvelles collections», conseille Farida, une adepte des achats et surtout des promotions. Pour elle, les affichages mensongers sont les anomalies les plus courantes.

Un problème déjà dénoncé par l’Association de protection et orientation du consommateur et son environnement (Apoce). D’après son président, le Dr Mustapha Zebdi, le problème est dans le contrôle. Selon lui, bien que la loi soit claire dans ce sens et a imposé une série de conditions, les commerçants se lancent dans les ventes promotionnelles à longueur d’année. Il précise que le double affichage et l’absence du prix initial laissent croire à l’arnaque.

Cette absence de transparence induit, selon lui, le consommateur en erreur. M. Zebdi estime que seuls les représentants des grandes marques font de véritables soldes sur leurs produits, suivant ainsi les instructions de l’entreprise mère. A part cela, le marché est affecté de plusieurs irrégularités empêchant le lancement de pareilles ventes promotionnelles dans les meilleures conditions possibles.

Il est à savoir qu’en plus des arrêts temporaires, puis définitifs d’activité en cas de récidive ainsi que les PV, les commerçants contrevenants peuvent être sommés de payer des amendes qui vont de 50 000 DA à 5 millions de dinars.

Signalons également que cette période n’est pas propice seulement aux consommateurs, mais aussi aux revendeurs qui profitent de ces prix réduits, notamment chez les grandes marques, telles que Adidas, pour renouveler leurs stocks destinés à la revente nettement plus chers sur le marché informel.


source: El Watan

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