Algérie : Interview avec Mr TAHA HAMMOUCHE, Directeur Général de la Pêche et de l'Aquaculture , L’Algérie est le Pays de la méditerranée, le plus attractif pour l’investissement aquacole

  • 08 novembre 2017 / Actualité / 608 / Africa-Bi1


Algérie : Interview avec Mr TAHA HAMMOUCHE,  Directeur Général de la Pêche et de l'Aquaculture  , L’Algérie est le Pays de la méditerranée, le plus attractif pour l’investissement aquacole

 

Le salon international de la pêche et de l’aquaculture en sa 7ème édition se tient à Oran du 09 au 12 Novembre et verra durant quatre jours, la présence de 120 exposants nationaux et internationaux, en quoi cette édition se distingue t elle ?

 

Ce qui marque cette 7ème édition, c’est la participation d’exposants investisseurs qui lors de la précédente édition, étaient venus au salon entant que simples visiteurs. A titre d'exemple un projet d’élevage et de production de loup et de dorades situé à Chlef d’une capacité de 600 tonnes avec une perspective d’extension de capacité à 1000 tonnes expose son activité, cet investisseur ayant prospecté le terrain lors de la précédente édition du SIPA 2016, a lancé son activité et en moins d’une année a commencé à produire et vendre et ce depuis Juillet 2017.

Un autre opérateur a réussit à lancer une ferme aquacole à El Marsa et à Chlef visant 32 cages d’une capacité totale de 2400 tonnes de poissons. Ces deux exemples a eux seuls traduisent l’intérêt d’organiser ce genre de manifestations professionnelles.

 

 En chiffres comment se traduit l’engouement pour la production aquacole ?

 

En 2016 nous avons aidé à installer et lancer 22 projets d'aquaculture et  au jour d'aujourd'hui, il en existe 40 et nous devrions terminer  l’année avec 50 fermes aquacoles. Nous enregistrons cette année une moyenne de 240 dépôts de dossiers pour la réalisation de fermes aquacoles. Grâce auxquels nous devrions atteindre une capacité de production de l’ordre de 20.000 tonnes de produits aquacole à la fin 2018. Aujourd'hui l'aquaculture est concentrée à l’ouest du Pays à savoir les wilayas de Chlef,  Ain Timouchent, Tlemcen, oran, et Sidi Belabes notamment.

Nous ne savons pas encore si les niveaux de capacités de pêche traditionnelle sont atteintes mais l'on peut difficilement envisager aller au delà d'un plafond de 130.000 tonnes de poisson par an, c'est en cela que l'activité aquacole est complémentaire et peut aider à rétrécir le déficit en produits de la mer estimé par l’OMS à 100.000 tonnes.

 

 

Quels sont les éléments incitatifs pour l’investissement dans l’activité aquacole ?

 

Le premier élément est celui de la disponibilité du capital. La crise a causé un ralentissement de plusieurs domaines d’activité tel que l’importation ou le bâtiment, et il existe bon nombre d’investisseurs qui cherchent à redéployer leur capital dans des domaines d’activité porteurs et rentables et la production aquacole, la production d’aliments et d’alvins en est un. L’autre paramètre incitatif demeure indéniablement le marché. Le marché algérien de la production halieutique enregistre un déficit de 100.000 tonnes, ce qui offre une importante capacité d’absorption de la production. Enfin un cadre incitatif est mit en place par notre l’Etat pour inciter les investisseurs à mettre en place leurs projets de fermes aquacoles, via une exonération totale des taxes douanières et une majoration de la tva, facilitation d’octroie des concessions et un accompagnement personnalisé des projets. La preuve en est des projets qui ont démarré cette année, dont bon nombre ont engagé des extensions de leurs capacités de production dès la première année. 

 

Il faut également rappeler que les experts de la FAO ont estimé dans un récent rapport que l’Algérie avait le meilleur environnement incitatif pour l'investissement dans l'aquaculture, de par ses eaux propres ; notre littoral est classé zone A sur la quasi-totalité de la côte méditerranéenne à l'exception de 3 zones atteintes par des pollutions industrielles.

Outre l’environnement, la production aquacole est très rentable, d’ailleurs des études économiques ont été réalisées sur cette activité et les projets peuvent offrir entre 50 et 70% de marge bénéficiaire à la première année et un retour sur investissement dès la première année. Selon une étude de la FAO, le cout de production tout frais compris est de 400da/kg et le prix de vente sorti de cage est de 700 da. 

 

Est-ce que ces activités qui fleurissent s’imprègnent elles des fruits de la recherche scientifique ? 

 

Le Centre National de Recherche et de Développement de la Pêche et l'Aquaculture développe le grossissement de la crevette dans sa ferme expérimentale de Skikda et la reproduction de la crevette - une prouesse technologique - qui fera bientôt l’objet d’une visite par des experts internationaux de l’organisation des nations unies pour l’alimentation et l’agriculture. La technologie de la reproduction de la crevette peut être mise à profit au niveau des deux fermes aquacoles qui sont en projet actuellement, à savoir celle de Annaba qui a installé un projet de production de crevettes de 200 tonnes par an, et celle d’El oued qui vise à produire 6000 tonnes de crevettes, dans le cadre d’une concession de 200 hectares, ce dernier est un projet phénoménale car il vise des niveaux de production équivalent à ce que pourrait produire, tout poisson confondu,  toute une wilaya tel que Bejaia par exemple.

 


source: équipe ABI

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