Algérie:Facilitations pour promouvoir l’écosystème start-up , Des ambitions à la mesure des enjeux



Algérie:Facilitations pour promouvoir l’écosystème start-up , Des ambitions à la mesure des enjeux
Le ministre délégué chargé des Start-up et de l’Innovation, Yacine Oualid, a indiqué hier que les décisions prises lors du dernier Conseil des ministres renforcent la volonté politique de soutenir les start-up. 
 
S’exprimant à la Chaîne 2 de la radio, le ministre fera savoir qu’au cours de cette réunion,  il a été discuté d’une  exonération fiscale de cinq ans au profit des start-up. «Nous sommes persuadés que cela permettra à beaucoup de start-up de pouvoir se concentrer sur des aspects plus importants que sont l’innovation et la création de richesse, ce qui ne peut être que très positif», affirme-t-il. 
Parmi les facilitations accordées pour la création d’une start-up, l’intervenant citera la mise en place d’une plate-forme numérique en vue de réduire les procédures bureaucratiques qui se feront en ligne, que ce soit la demande de label ou l’accès au financement à travers le fonds d’investissement. Cela permettra aux porteurs de projets innovants ou startupeurs d’effectuer toutes les procédures administratives de manière simple sans se déplacer.
 
L’innovation critère majeur
 
Concernant les conditions d’obtention du label start-up, le ministre dira que les conditions ont été fixées par le décret 54-20. «Ce sont des conditions que l’on retrouve dans tous les pays du monde», a-t-il dit, précisant que la définition internationale de la start-up est une jeune entreprise innovante à potentiel de croissance basée sur des critères d’innovation.  
Pour le ministre, le projet doit avant tout proposer un service dans son produit innovant qui est un critère de taille et prendre en considération le potentiel de croissance. 
Il fera part, en outre, de l’existence de trois labels qui sont précisés dans le décret paru récemment au Journal officiel. Il s’agit du label start-up pour les start-up déjà établies et du label innovant pour les personnes qui n’ont pas encore créé leur société. Qualifiant ce label de très important, le ministre a indiqué que les personnes qui sont dans un processus de création d’entreprise doivent aussi accéder à un certain nombre de facilitations avant même d’avoir leur registre du commerce. Pour le troisième label, il s’agit du label incubateur. «Les incubateurs et les accélérateurs et de manière plus générale les structures d’accompagnement jouent un très grand rôle», a-t-il expliqué, ajoutant que quand on parle d’écosystème start-up, ce sont ces structures-là qui vont accompagner, coacher et former les porteurs de projets pour leur permettre de se concentrer au mieux sur leur travail. Selon M. Yacine Oualid, ce troisième label permettra également à ces structures d’accéder à un certain nombre de facilités qui seront détaillées par la suite. «C’est toute une armada de textes réglementaires qui sont promulgués et qui auront pour objectif de promouvoir l’écosystème start-up en Algérie», a souligné le premier responsable du secteur, rappelant l’importance du fonds d’investissement pour le financement des start-up qui vient d’être lancé officiellement. A la différence des mécanismes qui existaient par le passé, à savoir l’Ansej et la Cnac, le fonds d’investissement ne repose pas sur la dette. «Ce sont des investissements sur les start-up moyennant des prises de participation garantissant l’équité», a-t-il fait savoir, précisant que c’est un mécanisme de financement plus apte à prendre du risque, d’ailleurs, soutient-il, «c’est un fonds de capital risque».  L’hôte de la Chaîne 2 a indiqué que ce fonds a été créé pour tolérer le risque d’échec, précisant que le taux d’échec des start-up est très important partout dans le monde, avoisinant les 80%.  «C’était très important d’avoir un mécanisme qui puisse tolérer le risque adapté aux start-up», a noté le ministre, précisant qu’actuellement six banques publiques assurent le financement de ce fonds. Il dira que dans beaucoup de pays capitalistes, ce type de fonds est créé par des sociétés privées. «Nous n’avons pas encore de privés qui se sont investis dans le capital risque en Algérie, donc il fallait bien que les startupeurs algériens puissent accéder à un mécanisme de financement qui réponde à leurs besoins, c’est pourquoi nous avons créé ce fonds et nous avons en parallèle pris un certain nombre de mesures pour faciliter au privé la création de tels mécanismes», souligne Oualid. Pour le ministre, c’est une première étape et la voie est ouverte au privé pour s’impliquer, qu’il soit national ou étranger. Il a également indiqué que les start-up attirent énormément d’investisseurs de par le monde, surtout en Afrique où le marché est important.  L’Algérie a une très belle opportunité de se poser du point de vue continental et régional. Le but, selon lui, n’est pas seulement de financer une start-up qui est un objectif principal, mais de démarrer toute une dynamique. Évoquant les critères qui différencient une start-up d’une micro-entreprise, l’interlocuteur dira qu’une start-up est créée dans le but de croître, elle doit avoir un potentiel de croissance important contrairement à une micro-entreprise qui est créée pour être profitable. 
 
Eliminer les entraves bureaucratiques
 
Une autre différence importante, citée par le ministère c’est que la start-up doit proposer un service ou un produit innovant. M. Oualid a saisi l’occasion pour évoquer certains problèmes rencontrés par les jeunes porteurs de projets. «Au niveau du ministère nous accueillons chaque jeudi les porteurs de projets innovants pour  essayer de démarrer du réel et de régler le vrai problème que rencontrent les porteurs de projets et nous avons remarqué que 80% de ces jeunes se plaignent de bureaucratie qui a été durant des années le principal obstacle devant les porteurs de projets innovants», dit-il. Il a indiqué que le Président de la République a insisté sur la nécessité de combattre la bureaucratie à tous les niveaux. «Nous avons fait un certain nombre d’efforts pour ne pas être une source de bureaucratie, notamment avec la plate-forme numérique. Nous travaillons avec d’autres ministères pour revoir les durées de traitement de certaines procédures administratives et les conditions d’octroi d’autorisations et d’homologations. Il faut lever tout ce qui bloque et empêche les porteurs de projet de réaliser leur start-up», relève-t-il. Le ministre a, par ailleurs, souligné l’intérêt porté par certains Algériens établis à l’étranger pour créer leurs start-up en Algérie. «Beaucoup d’Algériens ont été découragés par le passé et nous avons constaté actuellement un effet inverse», dit-il, indiquant que des Algériens qui ont réussi à créer leur start-up à l’étranger sont en train de délocaliser leurs entreprises pour revenir au pays. «Ils constatent qu’il y a du changement en Algérie, je pense que ce sont des signaux extrêmement forts de la part de l’Etat et que le sujet des start-up encourage beaucoup d’Algériens à revenir au pays pour investir et apporter leur expérience et leur expertise dans le domaine». 
Le ministre a également fait part d’un énorme travail qui se fait avec le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, affirmant qu’«il faut sensibiliser les universitaires à se lancer dans la création des start-up et avoir une culture entrepreneuriale et les compétences requises pour le faire». Selon le ministre, les  incubateurs sont des espaces indispensable pour permettre aux jeunes de développer leur projet. 
 
Les Google de demain
 
Soulignant l’importance de développer les start-up, il dira qu’elles ont la capacité de créer rapidement de la richesse et de l’emploi et ce malgré le taux d’échec qui reste important à l’échelle mondiale.  «Sur 100 start-up, si 10 à 20 d’entre elles réussissent cela pourrait faire les Google et Facebook de demain», a-t-il relevé, ajoutant que beaucoup de start-up ont démarré dans des petits pays qui ne sont pas forcément à vocation technologique et qu’elles sont maintenant implantées dans beaucoup de pays avec des millions d’utilisateurs et des milliards de dollars de fonds. Selon le ministre, il s’agit de permettre à tout le monde de concrétiser les projets innovants qui pourront créer beaucoup d’emplois et de richesse pour le pays. «Nous sommes en train de faciliter au maximum la création d’entreprises et de start-up en travaillant à éliminer les blocages administratifs et le président de la République place beaucoup d’espoir sur la jeunesse algérienne qui s’est distinguée par une ingéniosité et une créativité incroyables. 
Les jeunes doivent y croire et s’impliquer, et nous serons là pour les accompagner», a conclu Yacine Oualid.
Kamelia Hadjib

source: el moudjahid

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