Algérie : Avons-nous de grandes entreprises ?

  • 12 septembre 2017 / Actualité / 367 / Emerging Africa


Algérie : Avons-nous de grandes entreprises ?

Il est évident que, pour jauger une économie de marché et surtout comment celle-ci fonctionne, nous n'avons que les modèles occidentaux comme référence. Du moment que nous appelons économie de marché le modèle que nous pratiquons, nous sommes dans l'obligation de nous comparer aux pays occidentaux en relevant plus particulièrement que tous les pays qui se meuvent avec aisance dans le libéralisme, en tout cas ce sont tous des pays industriels, se meuvent également avec aisance dans le système de pluralisme politique. Serait-il possible d'adopter l'un et de rejeter l'autre ? Il est certain que ces pays n'ont pas encore les vrais objectifs, celui de la démocratie et celui d'un libéralisme qui permettraient de produire les conditions d'une réduction des inégalités socio-économiques car, soutiennent-ils, le libéralisme triomphant induira des échanges commerciaux qui favoriseront le développement de tous les pays qui s'y seront intégrés, et donc la réduction de la pauvreté. Mais, on sait que pour le moment, c'est tout le contraire de ce qui est annoncé, le profit étant le seul intérêt qui met en mouvement les entreprises. On sait que pour le moment, il s'agit d'une guerre sans pitié et que les vainqueurs et les vaincus sont connus d'avance. Prenons le cas de notre pays. D'abord, nous avons procédé à la mise en œuvre des réformes, même au prix de la fermeture des entreprises dites non viables ou indéfiniment déficitaires, au prix donc des licenciements massifs, mais les investisseurs qui nous promettaient de venir en conditionnant leur venue à ces réformes ne sont pas venus comme promis. Ceux qui sont venus se sont plutôt comportés en commerçants, pour la plupart d'entre eux, et l'économie de marché s'est résumée à des importations couvertes par les ressources provenant de la vente des hydrocarbures. Le président lui-même avait rejeté cette sorte d'économie de marché en parlant, lors du dernier Conseil des ministres, de mettre en place des capacités productives. Avons-nous, pour cela, de grandes entreprises dans le secteur privé et qu'appelons-nous grandes entreprises ? Des entreprises, qu'on pourrait appeler grandes, devraient pouvoir peser sur le débat, à condition qu'elles contribuent bien au développement du pays. Faudrait-il laisser les seuls fonctionnaires décider des orientations et négocier quand les concernés, à savoir les opérateurs, s'en tiennent ou sont tenus en marge ? Il y a bien quelquefois des patrons d'entreprises qui émergent médiatiquement, mais sont-ils des leaders industriels ou des grands dans le montage et la revente en l'état ? La question ne se pose pas tellement de savoir ce qu'il faudrait faire encore pour rendre notre économie attractive, mais bien celle de la capacité de nos entreprises à produire en substitution aux importations. Même à ce niveau, lorsque l'entrepreneur affirme qu'il fera faire au pays l'économie de tant de devises en n'important pas, la question et celle d'évaluer le montant en devises entrant dans la production, à la fois en intrants, équipements et entretien de savoir-faire. Combien de devises faudrait-il consommer pour économiser tant de devises ? Il est évident que, pour jauger une économie de marché et surtout comment celle-ci fonctionne, nous n'avons que les modèles occidentaux comme référence. Du moment que nous appelons économie de marché le modèle que nous pratiquons, nous sommes dans l'obligation de nous comparer aux pays occidentaux en relevant plus particulièrement que tous les pays qui se meuvent avec aisance dans le libéralisme, en tout cas ce sont tous des pays industriels, se meuvent également avec aisance dans le système de pluralisme politique. Serait-il possible d'adopter l'un et de rejeter l'autre ? 
Il est certain que ces pays n'ont pas encore les vrais objectifs, celui de la démocratie et celui d'un libéralisme qui permettraient de produire les conditions d'une réduction des inégalités socio-économiques car, soutiennent-ils, le libéralisme triomphant induira des échanges commerciaux qui favoriseront le développement de tous les pays qui s'y seront intégrés, et donc la réduction de la pauvreté.
Mais, on sait que pour le moment, c'est tout le contraire de ce qui est annoncé, le profit étant le seul intérêt qui met en mouvement les entreprises. On sait que pour le moment, il s'agit d'une guerre sans pitié et que les vainqueurs et les vaincus sont connus d'avance.
Prenons le cas de notre pays. D'abord, nous avons procédé à la mise en œuvre des réformes, même au prix de la fermeture des entreprises dites non viables ou indéfiniment déficitaires, au prix donc des licenciements massifs, mais les investisseurs qui nous promettaient de venir en conditionnant leur venue à ces réformes ne sont pas venus comme promis. Ceux qui sont venus se sont plutôt comportés en commerçants, pour la plupart d'entre eux, et l'économie de marché s'est résumée à des importations couvertes par les ressources provenant de la vente des hydrocarbures. Le président lui-même avait rejeté cette sorte d'économie de marché en parlant, lors du dernier Conseil des ministres, de mettre en place des capacités productives.
Avons-nous, pour cela, de grandes entreprises dans le secteur privé et qu'appelons-nous grandes entreprises ? Des entreprises, qu'on pourrait appeler grandes, devraient pouvoir peser sur le débat, à condition qu'elles contribuent bien au développement du pays. Faudrait-il laisser les seuls fonctionnaires décider des orientations et négocier quand les concernés, à savoir les opérateurs, s'en tiennent ou sont tenus en marge ? Il y a bien quelquefois des patrons d'entreprises qui émergent médiatiquement, mais sont-ils des leaders industriels ou des grands dans le montage et la revente en l'état ?
La question ne se pose pas tellement de savoir ce qu'il faudrait faire encore pour rendre notre économie attractive, mais bien celle de la capacité de nos entreprises à produire en substitution aux importations. Même à ce niveau, lorsque l'entrepreneur affirme qu'il fera faire au pays l'économie de tant de devises en n'important pas, la question et celle d'évaluer le montant en devises entrant dans la production, à la fois en intrants, équipements et entretien de savoir-faire. Combien de devises faudrait-il consommer pour économiser tant de devises ?
 


source: LE MAGHREB

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