Algérie : Après la baisse des réserves de change , Nécessité de "préserver la souveraineté économique"

  • 11 septembre 2017 / Actualité / 317 / Emerging Africa


Algérie : Après la baisse des réserves de change , Nécessité de "préserver la souveraineté économique"

Plusieurs approches sont proposées pour faire face à la crise consécutive à la chute des prix du baril de pétrole et des problèmes qu'elle pose depuis 2014, qui ont tendance à perdurer et à s'aggraver au moment où le président de la République, M. Abdelaziz Bouteflika, insiste sur la diversification de l'économie nationale, favorisant justement la production locale. 
D'ailleurs, les dernières remarques et directives du président de la République, lors du Conseil des ministres de mercredi dernier, montrent si besoin est, la volonté du président de la République à ce que notre pays transcende cette crise économique qui affecte l'économie nationale depuis la chute des prix du pétrole. 
Cela se passe au moment où une lecture des derniers chiffres des réserves de change de l`Algérie, indique qu'elles sont de l'ordre de 108 milliards de dollars.
Encore faut-il rappeler au passage, que les réserves de change de l`Algérie avaient atteint 114,1 milliards de dollars (mds usd) à fin décembre 2016 contre 121,9 mds usd à fin septembre 2016.
Après de successives et considérables hausses, les réserves de change de l`Algérie ont commencé à connaître un fléchissement depuis 2014 sous l`effet combiné de la baisse des cours pétroliers et d'une hausse des importations.
L`élan que prenait le niveau du matelas de devises fut freiné dès le début 2014 lorsque le niveau des réserves s`approchait de 195 milliards usd à fin mars 2014 mais amorça, par la suite, une tendance baissière en s`établissant à 193,27 mds usd à fin juin 2014, avant de descendre encore à 185,27 mds usd à fin septembre de la même année.
Il faut aussi reconnaître que l`envolée des importations et la forte chute des cours pétroliers contribuent fortement dans l`amenuisement des flux alimentant les réserves de change du pays. Et justement à propos de la chute des prix du pétrole, aux dernières nouvelles de vendredi écoulé, par exemple, les cours du pétrole coté à New York ont terminé en nette baisse, les investisseurs préférant par prudence retirer leur mise avant un week-end qui devrait être marqué par l'arrivée de l'ouragan Irma sur les côtes de la Floride.
Le baril de "light sweet crude" (WTIWTI Le West Texas Intermediate (WTI), aussi appelé Texas Light Sweet, est une variation de pétrole brut faisant office de standard dans la fixation du cours du brut et comme matière première pour les contrats à terme du pétrole auprès du Nymex (New York Mercantile Exchange), la bourse spécialisée dans l'énergie.), référence américaine du brut, a perdu 1,61 dollar, soit 3,4%, pour terminer à 47,48 dollars, sur le contrat pour livraison en octobre au New York Mercantile Exchange (Nymex).
"Toute personne pariant sur une progression des cours du pétrole n'a pas vraiment envie de rentrer à la maison en gardant des positions à la hausse alors que se profile un ouragan puissant, le deuxième à frapper le pays en deux semaines", a avancé Robert Yawger de Mizuho.
Au même moment, les raffineries de la côte du Golfe du Mexique reprennent progressivement leurs activités après le passage de l'ouragan Harvey fin août dans le Texas et la Louisiane ; les investisseurs s'interrogent désormais sur l'impact de l'ouragan Irma.
Dans les Caraïbes, l'ouragan touche la côte sud-est des Etats-Unis, frappant d'abord la Floride hier puis la Georgie et la Caroline du Sud.
C'est dire que la chute du pétrole continue au moment où, justement, c'est d'importance : on remarque qu'aussi bien à l'issue de l'adoption du Plan d'action du gouvernement par le Conseil des ministres à la mi-juin ainsi que celui du Premier ministre Ahmed Ouyahia, mercredi dernier, le président de la République, Abdelaziz Bouteflika, insiste sur la nécessité de "préserver la souveraineté économique" du pays en instruisant le gouvernement "d'éviter le recours à l'endettement extérieur et de contenir encore davantage le volume des importations de biens et services à l'effet de préserver les réserves de change du pays".
Ainsi, le Gouvernement poursuivra, dans la mise en œuvre de son Plan d'action adopté mercredi dernier par le Conseil des ministres, la démarche de redressement des équilibres du budget de l'Etat, en s'appuyant sur la feuille de route adoptée par le Conseil des ministres en juillet 2016, une démarche qui devient, selon le document, "plus impérative que jamais". Cette feuille de route prévoit plusieurs réformes qui se déclinent à travers une réforme de l'administration fiscale pour améliorer les recouvrements, la mise en place de la fiscalité locale, une gestion pluriannuelle du budget de l'Etat, une rationalisation des dépenses publiques limitant au maximum les dépenses de fonctionnement et une réforme de la politique des subventions publiques. Le redressement des équilibres budgétaires est dicté par les contraintes qui pèsent sur les finances publiques et le recours exceptionnel et transitoire (d'une durée de cinq ans) à des financements non conventionnels, notamment le financement direct du Trésor auprès de la Banque d'Algérie, pour garantir le maintien de la dynamique de développement économique et social.
 


source: LE MAGHREB

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